09 février 2010
Angles d'attaque
Ce week end, vu Angles d'attaque en Bluray. Je ne l'avais pas vu à sa sortie mais finalement mon coloc l'a acheté.
L'idée d'un film qui reprend successivement différents points de vue sur une même histoire n'est pas nouvelle. Gus van Sandt avait utilisé ce procédé narratif pour livrer sa vision du massacre de Colombine dans son Elephant. Mais ce dernier était une peuvre épurée, extrèmement sophistiquée qui marquait par son atmosphère particulièrement prenant. Au contraire, Angles d'attaque est un film d'action pur jus, construit autour d'une attaque terroriste.
Le point fort du film, c'est qu'on est happé par l'intrigue jusqu'au dénouement. La scène de l'attentat marque le début de la course et est particlièrement maitrisée. Tout le film tient là dessus et de ce point de vue, c'est très réussi: j'ai été scotché... Le point faible, c'est que la cyclisation du récit introduite par les retours multiples sur les évènements empèche d'approfondir le récit au delà des points de vue des protagonistes. Dans le cas d'Elephant, cela fonctionnait car ce manque renforcé par le coté stylisé du film, son ambiance, jusqu'à l'architecture du lycée, tout renvoyait à l'abime insondable de l'ame des deux meurtriers. Mais là, cà ne fonctionne pas: on aimerait savoir d'où viennent ces terroristes, quel est leur stratégie à long terme, quels sont les tenants et aboutissants de tout cela.
Bref, un bon film d'action film assez original, même s'il n'est pas exceptionnel. Sinon le Bluray est vraiment pas mal: superbe image et son magnifique... Seul bémol: les bonus sont assez décevants.
08 février 2010
Comme le temps passe...
Ca y est, on a été évalués par l'AERES... La semaine dernière fut donc assez chargée. Du coup, coup de mou sur le blog...
J'ai encore pas mal de choses à avancer niveau boulot avant de partir à Paris la semaine prochaine. Donc il va falloir être un peu patient.
30 janvier 2010
De l'iPad à Holon ?
Dans les livres d'Histoire, la période 2001-2040 sera peut être vue comme une période charnière. Mais pas à cause du 11 septembre ni même à cause des guerres en Afghanistan et en Irak. Et peut être même pas à cause de la crise économique dans laquelle nous sommes plongés depuis 2-3 ans.
Non, ce qui marque une vraie rupture, c'est la massification des technologies de l'information dans nos vies.
Commencée avec la démocratisation d'Internet au milieu des années 90 aux USA, elle atteint maintenant une nouvelle étape.
Au niveau hardware et software, l'iPad en est peut être le premier représentant. Cette tablette est le premier non-ordinateur destiné au grand public. C'est simple, joli, très simple et monotache et to talement fermé. Or jusqu'à présent, les machines qui servaient à visualiser l'information sur le net étaient pour ainsi dire identiques à celles qui servaient à les produire. Avec l'Ipad, Apple prend acte que la plupart des internautes n'ont pas besoin de cela mais juste d'un machin leur permettant d'accéder aux services. Telle est la thèse défendue par Daniel Tenner et dans l'article suivant qui expose une analyse similaire à celle de Tenner. Enfin voir aussi ce qu'en dit Attali pour une mise en perspective.
Au niveau politique nous voyons monter une tendance particulièrement inquiétante: de Jacques Séguéla qui se plaint qu'Internet est la plus grande saloperie jamais inventée parce qu'il n'est pas controlée par l'Etat aux <mce:script type=">es.com/2010/01/13/world/asia/13beijing.html" target="_blank">déboires de Google en Chine en passant par le projet de controle de l'Internet en Australie et le contrôle de l'Etat Berlusconien sur les vidéos de l'autre coté des Alpes, ou plus près de nous avec la LOPPSI et les déclarations récentes d'un député UMP nous assistons à la montée en puissance du fascisme dans le cyberespace.
Alors jusqu'où cela peut t'il nous mener ?
Il y a maintenant plus de 20 ans sortait un bouquin de SF française passé pratiquement inapercu et probablement oublié aujourd'hui: Holon des frères Colonna (en vente ici).
Nous sommes au XXI° siècle, l'informatique et les réseaux de télécommunication sont partout : ascenseurs, magasins, digicodes, téléphones, banques, et même frigo, TV, etc... Tout cela, relié par le réseau des réseaux.
Pour gérer tout cet univers : Holon, entité omnisciente, omniprésente, et omnipotente. Résultante d'un super-programme mis en place à la fin du siècle précédent par un lobby mafieux ne pensant qu'à ses intérêts, Holon a survécu à son père. Utilisant des espaces réservés au sein des puces dès leur conception, il apprend, se duplique, s'étend dans les réseaux informatiques et assoit chaque jour un peu plus son emprise sur l'humanité. Son moyen de chantage : l'éradication, autrement dit la suppression de votre identité dans les fichiers informatiques ; et vous vous retrouvez à la rue, plus de compte, plus d'accès chez soi, plus d'accès aux magasins, plus rien... sauf le Bronx. Le roman raconte comment Holon est finalement repéré puis combattu par un groupe de gens utilisant un très très vieil ordinateur construit bien avant qu'Holon y ait réservé ses entrées.
Vous me direz que comme d'habitude je joue les Cassandres ?
Peut être mais que penser quand dans de plus en plus de pays, des projets de loi fleurissent qui tendent à imposer la mise en oeuvre de moyens de surveillance et filtrage par les internautes sur leurs propres équipements (plus concrètement voir ce qui est prévu dans le cadre d'Hadopi) ?
A quand une loi imposant l'existence de portes d'entrées et de capacités réservées au niveau du matériel même ?
Comme le soulignait Jacques Attali dans Une brève histoire de l'avenir, ce qui caractérisera l'hyperempire c'est la montée en puissance de l'autosurveillance. De plus en plus, on encouragera le citoyen à se doter de moyens d'autosurveillance que ce soit dans le domaine de la santé (via par exemple une modulation des primes d'assurance) que des comportements sociaux (cf lsurveillance de son accès internet dans Hadopi: la modulation des sanctions est un moyen de pression très puissant).
C'est précisément cela qui constituera selon Attali le symptome du passage du citoyen au sein d'une économie de marché au sujet consommateur dans l'hyperempire. Pour Attali, "Le marché est une des formes de réalisation de la liberté et j’essaye de montrer que le marché est une forme suicidaire d’organisation de la liberté dans le sens où le marché suicide la liberté en organisant la surveillance.Si vous êtes en permanence en situation d’être surveillé, il n’y a pas de liberté possible. Il n’y a pas de liberté sans risque, sans ignorance, sans aventure.".
Dans le scénario d'Attali, point besoin d'une superintelligence artificielle se logeant dans les espaces secrets de nos ordinateurs: l'intelligence (artificielle) qui organisera ce cauchemard, c'est notre intelligence collective transformée peu à peu en un monstrueux comportement émergent par nos propres technologies.
Au travers de ces multiples évènements, évolutions techniques et sociétales et débats se dessine une bataille globale qui probablement jouera un rôle déterminant dans notre avenir collectif. En sommes nous seulement conscients ?
PS: A lire, une interview des auteurs du roman Holon parue en 1984. Prophétique non ? Et pourtant je ne suis pas un fan de la théorie des complots...
29 janvier 2010
Il faut sauver le soldat Sarko...
Bon allez pour une fois je vais être gentil avec TF1: ils ont aussi ramené une "grande gueule"...
J'adore quand Pernault essaye de voler au secours de l'hyperprésident qui fait moins le kakou quand on lui met le nez dans ses contradictions...
28 janvier 2010
District 9
Je l'avais raté à sa sortie au ciné mais je l'ai rattrapé en Bluray.
Et j'avoue: c'est un excellent film. Faire débarquer les aliens dans un vaisseau détraqué et les entasser dans un bidonville pour évoquer l'appartheid est assez brillant. Monté et tourné comme un documentaire, le film est vraiment étonnant. Le propos n'est pas nouveau: dénonciation du racisme et du colonialisme, un coté Pocahontas, Danse avec les Loups et même Avatar avec le héros humain qui aide les extraterrestres en devant l'un d'eux... Mais ce coup ci, ces derniers ne sont conforme ni au stéréotype de l'alien superavancé ni à celui du "bon sauvage" (Avatar) ni au prédateur animal (Alien).
Quant au héros, ce n'est pas le Marine carré d'Avatar mais une sorte de petit employé un peu neuneu tout fier d'expulser les aliens de leur bidonville, totalement dépassé par les évènements pendant une bonne partie du film.
Mais en fait, on rentre compètement dans l'action et dans l'univers ainsi créé... avec un vague regret de ne pas en savoir plus sur comment les extraterrestres ont échoué sur Terre. Mais j'avoue que quand je regarde un documentaire, je ressens souvent la même frustation. Ce par quoi le film fait mouche, c'est sa cohérence et son rythme mais aussi et surtout le coté éminement politique de son propos.
L'apartheid, les bidonvilles mais aussi le gang des nigérians, la MNU, un organisme privé qui joue un jeu trouble, tout cela crée une atmosphère vraiment intéressante. Au delà de la référence au passé de l'Afrique du Sud, District 9 préfigure un monde éclaté, violent, malsain dominé par les conflits d'intérêts (ici autour des armes), dans lequel les médias sont instrumentalisés et les gens sans repères. Bref, tout ce qu'on trouve dans notre monde mais qui est ici juste un pe u extrapolé (à part les aliens bien sur)...
Finalement, c'est peut être le premier film de SF qui dépeigne certains aspects de l'hyperempire...

















