After a year in Boston

Blog d'un chercheur français de retour en France après une année à Boston

28 décembre 2008

En panne...

Et ploutch... après 5 semaines sur le parking du garage à Puget sur Argens, la batterie de ma voiture vient de rendre l'ame. Personne n'a de cables, les magasins sont fermés. Je suis donc bloqué 24 h de plus ici. Décidément les emmerdements s'enchainent!

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27 décembre 2008

Sire, la Révolution est faite...

Comme je l'expliquais dans mon post sur le livre de Zuber et Des Isnards, je suis frappé de voir comment nos métiers de la recherche et de l'enseignement supérieur sont contaminés par les dérives que l'on observe dans les entreprises.

Lorsque j'ai été recruté au CNRS, les labos fonctionnaient sur des permanents dont on attendaient qu'ils développent une démarche et un parcours scientifique original. L'objectif était alors de recruter des gens susceptibles d'évoluer en prenant progressivement leur autonomie scientifique. Chaque permanent était alors plus ou moins impliqué dans un réseau de collaborateurs et participait activement et directement à la production scientifique.

Ces dernières années, la donne a radicalement changé. Sous la double impulsion du financement par projet et de l'évaluation, les labos sont devenus des containers à équipes. Ces dernières sont formées d'une part de permanents (souvent Profs ou DR) qui passent une fraction significative de leur temps à rédiger des demandes de financement sur projet quand ils n'assurent pas la promotion du travail de l'équipe en conférence et d'autre part de non permanents (doctorants et postdocs) qui eux font véritablement le boulot.

On assiste donc à une séparation des métiers entre d'un coté ceux qui vont faire la science et ceux qui vont la manager. En fait, dans l'organisation qui se dessie, les Profs/DR sont loin d'être le sommet de la pyramide. Ils ne seront que les "chefs de projet" ayant vocation à etre entre l'enclume (le "prolétariat cadre" formé des postdocs et doctorants) et le marteau, à savoir le top management formé par les échelons supérieurs. Lesquels comprennent actuellement les directeurs d'unités et d'établissement.

Cela étant, les échelons supérieurs vont probablement s'étoffer de personnels n'ayant probablement jamais pratiqué la moindre activité de recherche, de véritables corps administratifs de managers qui seront les N+1 des chefs d'équipes pour reprendre la terminologie des entreprises. Ainsi se mettent en place des filières de formation pour produire ces managers de la recherche. C'est le cas dans des organismes faisant de la recherche finalisée comme le Cemagref mais on voit également naitre une tendance plus large. Ainsi l'Université de Lyon propose un Master Administration des institutions de recherche et de diffusion des connaissances.

Ainsi, une véritable révolution s'est t'elle déroulée dans le monde de la recherche et de l'enseignement supérieur. Révolution pour l'instant assez librement consentie par les personnels concernés qui n'en ont probablement pas vu les tenants et aboutissants.

Puisque la révolution est accomplie, il ne s'agit donc plus de l'empécher mais de comprendre ce qu'elle va entrainer. D'où vient elle et où nous emène t'elle ? Quels sont ses apports et ses limites ? J'en parlerai dans de prochains posts...


24 décembre 2008

L'open space m'a tuer

losma Comme j'en avais pas mal entendu parler, je l'ai acheté. En fait je pensais que ce livre contiendrait plus de fond. Mais non, l'Open space m'a tuer est une collection assez bien faite de scènes de la vie de bureau. Le propos est simple: décrire au travers de témoignage la vie merdique et le malaise de nombre de jeunes cadres en entreprise.

Le bouquin est bien écrit, franchement drole parfois et passe en revue un paquet des pathologies qui se développent avec les méthodes dites modernes de management. Par contre, à aucun moment il ne dépasse le stade du témoignage. Aucun élément sur d'éventuelles alternatives ni même sur l'impact à moyen et long terme sur les relations au travail de ce qui se passe dans la tête des jeunes cadres actuels.

Ceci étant, en filigrane, on y voit clairement à l'oeuvre le glissement qui s'est opéré en l'espace de 20 ans dans les entreprises. Autrefois chargés des fonctions d'encadrement des équipes, partie prenantes de la stratégie d'une entreprises, le terme de cadre recouvre aujourd'hui deux réalités bien distinctes. D'un coté, les cadres supérieurs qui pilotent véritablement l'entreprise mais avec comme boussole la satisfaction des actionnaires et de l'autre les cadres lambdas qui constituent clairement le nouveau prolétariat de la "société de la connaissance". D'un coté des rémunérations exponentielles et une rééle capacité d'action, de l'autre le regne du travailler plus pour gagner plus et l'impression d'être un pion aux compétences interchangeables. D'un coté, on donne le rythme, de l'autre on gère des projets à coups de deadlines, de livrables et de timesheets. D'un coté les primes et parachutes, de l'autre les efforts et la porte quand ça va moins bien.

En lisant ce livre, je n'ai pu m'empécher de me souvenir du formulaire pour le projet ANR, de son jargon pas si éloigné (Planning, deliverable and milestones), de l'irruption des tableaux de bords, bred de l'irruption de tout un tas de choses décrites dans ce livre dans nos métiers. Non vraiment ce bouquin est finalement assez intéressant.

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21 décembre 2008

...à l'hyper-empire.

TocquevilleDA2 Comme je le disais dans mon précédent post, le fait que le consumérisme et l'individualisme aient pénétré en profondeur nos sociétés rend la tache des partis dits progressistes particulièrement difficile.

Mais je n'invente rien. Tocqueville avait lui même souligné les problèmes que poseraient le développement de l'individualisme à toute démocratie [De la démocratie en Amérique, Tome II, 2ème partie, chap. III]:


"Chez les peuples démocratiques, de nouvelles familles sortent sans cesse du néant, d'autres y retombent sans cesse, et toutes celles qui demeurent changent de face ; la trame des temps se rompt à tout moment, et le vestige des générations s'efface. On oublie aisément ceux qui vous ont précédé, et l'on n'a aucune idée de ceux qui vous suivront. Les plus proches seuls intéressent.

Chaque classe venant à se rapprocher des autres et à s'y mêler, ses membres deviennent indifférents et comme étrangers entre eux. L'aristocratie avait fait de tous les citoyens une longue chaîne qui remontait du paysan au roi ; la démocratie brise la chaîne et met chaque anneau à part.

A mesure que les conditions s'égalisent, il se rencontre un plus grand nombre d'individus qui, n'étant plus assez riches ni assez puissants pour exercer une grande influence sur le sort de leurs semblables, ont acquis cependant ou ont conservé assez de lumières et de biens pour pouvoir se suffire à eux-mêmes. Ceux-là ne doivent rien à personne, ils s'habituent à se considérer toujours isolément, ils se figurent volontiers que leur destinée tout entière est entre leurs mains.

Ainsi, non seulement la démocratie fait oublier à chaque homme ses aïeux, mais elle lui cache ses descendants et le sépare de ses contemporains ; elle le ramène sans cesse vers lui seul et menace de le renfermer enfin tout entier dans la solitude de son propre cœur."

smithbook Se contenter de ce constat n'explicite cependant pas le lien de causalité. Les démocraties occidentales (Europe et Amérique du Nord) se sont construites par rupture avec des modèles de société fondés sur un ordre aristocratique souvent hérité d'une histoire militaire ou un ordre religieux. En fait, les deux pouvant allègrement se combiner comme dans les monarchies absolues de droit divin ou cher les princes évèques allemands ou bélges. Pour Attali, l'émergence des démocraties dans notre monde occidental s'inscrit en fait dans l'émancipation vis à vis des ordres militaires et religieux. Même s'il développe des points intéressants et originaux, Attali n'est pas très différent de Tocqueville ou Adams Smith lorsqu'il pointe le désir d'émancipation individuel comme principal moteur de l'Histoire. Même Tocqueville en comparant l'immobilité des populations dans une société aristocratique par rapport à la mobilité dans une démocratie n'est pas loin de souligner l'importance du nomadisme cher à Attali.

A la lumière de ces réflexions, les révolutions conservatrices dont j'ai parlé dans mon précédent post ne sont donc qu'une manifestation d'une tendance historique déjà ancienne. Rien de bien neuf sous le soleil en apparence donc... mais il se trouve que la période que nous vivons actuellement présente quelques spécificités. En premier lieu, dans les pays d'Europe occidentale ou aux Etats-Unis, les démcraties sont déjà constituées depuis un à deux siècle. Même si une grande pauvreté y existe, ce sont des sociétés opulentes au sens où même les personnes modestes ont un confort et un train de vie supérieur à celui des nobles sous Louis XIV. Nous ne sommes donc plus dans les affres de la construction de la démocratie mais dans une véritable évolution des sociétés démocratiques.

Or en France au moins, la gauche historique s'est construite sur une opposition aux forces légitimistes puis bonapartistes représentatives de la défense des ordres anciens (religieux et militaires). Ce face à face qui a duré depuis le 19ème siècle jusqu'aux années 70-80 vient de disparaitre. Sarkozy n'est pas le défenseur des vieilles hiérarchies héritées de la France du 19ème. Comme Napoléon III, il est le défenseur de l'ordre marchand dans lequel les hiérarchies sont les résultat de la compétiion économique entre individu. Et ce faisant, il caresse dans le sens du poil les aspirations individualistes qui traversent toute la société.

attalibook Si on regarde de plus près les impulsions données par Sarkozy comme travailler plus pour gagner plus, l'encouragement à ne faire que travailler et consommer, du plan de relance fait uniquement pour faire tourner nos usines de voitures et construire du batiment, du dévérouillage de toutes les limites au workoholisme (décalage de l'age limite pour prendre sa retraite, heures sups, primes), de la surveillance du Net pour y préserver les intérêts commerciaux (loi Hadopi), on ne peut que se rappeler de ce qu'écrit Attali sur l'évolution de nos sociétés vers un hyper-empire marchand:



Tout temps passé à autre chose que consommer - ou accumuler des objets à consommer de manière différée - sera considéré comme perdu ; on en viendra à dissoudre les sièges sociaux, les usines, les ateliers pour que les gens puissent consommer depuis chez eux tout en travaillant, en jouant, en s'informant, en apprenant, en se surveillant ; l'âge limite de la retraite disparaîtra.

Par sa combinaison d'un modèle de société basé sur une juxtaposition d'ambitions individuelles et sa communication très particulière, Sarkozy apparait en fait comme un promoteur d'une société dominée par l'ordre marchand et non pas comme le leader d'un courant conservateur classique comme l'étaient Chirac (à ses ambiguités près), Giscard (malgrès son ouverture à certaines évolutions sociétales), Pompidou (le dernier président pré-soixante huitard) et De Gaulle.

La difficulté pour la gauche historique va donc être de prendre acte d'une part de cette mutation de la société - le monde a tourné - et d'autre part de la rupture que constitue Sarkozy. Deux points sur lesquels aucun des partis de la gauche historique n'a clairement pris parole et appelé un chat un chat.

Je crois que c'est ça le drame: en face des partisans de la société de compétition, on trouve une mosaique qui n'a même pas compris et encore moins acté collectivement que nous étions déjà dans une nouvelle ère. Nous avons une non-opposition qui a un train de retard, un théatre sinistre qui rejoue les même partitions en parallèle: à droite petites querelles entre courants au PS, à gauche l'attente perpetuelle du grand soir qui ne viendra jamais et au milieu, l'agonie du PCF et le ronron désordonné des verts.

A suivre...

A lire: une très bonne synthèse du bouquin Une brève histoire de l'avenir... si vous n'avez pas déjà lu ce livre bien sur.


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20 décembre 2008

Lost in translation...

Elle se lança dans le vide avec sa mini-jupe et sa perruque violette pour atterrir tant bien que mal et débiter son habituel charabia philosophico-météorologique. Comme d'habitude, le public applaudit avec enthousiasme. Lui, un peu empaté, crane rasé et petit bouc taillé impeccable, regardait autour de lui d'un air quelque peu crispé. Sourire colgate à droite, regard furtif à gauche, il déployait des efforts surhumains pour arborer l'air serein et entendu du grand professionnel.

Autour de lui, le spectacle continuait, les réparties fusaient dans cette langue dont ne comprenait pas un traitre mot... et en plus la traduction était inaudible. Les pensées se bousculaient dans sa tête: Hope I'm not sweating. Smile. I don't understand a fucking word... Smile! Come on, only ten minutes to go... Et soudain, ils arrivèrent, virevoltant de couleurs tout autour de lui. Sur la grande table, une créature sculpturale étalait ses jambes interminables enchassées dans des bottes de cuir noir. Son sourire était désormais crispé, l'angoisse se lisait sur son visage. Et ils se mirent à chanter:

You're the one that I want.
(you are the one i want), o,o, oo, honey.
The one that I want.
(you are the one i want want), o,o,oo, honey.
The one that I want
(you are the one i want want), o,o, ooooo
The one I need.
Oh, yes indeed.

Eh oui, ce soir, Travolta était invité sur Canal Plus.



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19 décembre 2008

De la révolution conservatrice...

Assez étrangement, c'est l'élection d'Obama qui m'a fait avancer dans cette réflexion...

Finalement, quand on regarde l'Angleterre et les Etats-Unis ou même l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne, chacun de ses pays à vécu une forme de " révolution conservatrice. Après la seconde guerre mondiale, les pays européens ont mis en place système économique et sociale comprenant une protection sociale collective forte et des mécanismes de redistribution des richesses de manière à permettre l'émergence d'une classe moyenne nombreuse et capable de générer une croissance durable. En Europe, il s'agissait d'instaurer la paix sur le continent et cela impliquait de rompre avec les modèles de société de l'avant-guerre, profondément inégalitaires et générateurs de crises dévastatrices. En ce qui concerne les USA, c'est le New Deal Roosveltien qui a marqué ce basculement.

economist Mais après l'équivalent de deux générations, chacun de ces pays a remis en question ce modèle: dans les années 80, Reagan et Thatcher marquèrent une rupture sociétale dans leurs pays respectifs. Réduction du périmètre d'action de l'état, déconstruction de l'état providence et augmentation exponentielle des écarts de rémunérations (voir l'étude de Piketty et Saez sur les hauts revenus aux USA) furent les principales caractéristiques de cette révolution appelée "libérale" . Cette vague a fini par toucher d'autres pays dans les années 90: l'Allemagne durant le mandat Schröder (lois Hartz), l'Italie sous la férule de Berlusconi, l'Espagne avec Aznar. Et notre hyperprésident actuel apparait comme l'artisan de cette rupture dans notre pays.

Evidemment on peut se demander pourquoi si tard chez nous. Je n'ai pas d'explication lumineuse mais je vois plutot cela comme un concours de circonstances. Au milieu des années 80, Chirac et les partis de droite revendiquaient explicitement une proximité avec le courant "libéral" thatchero-reaganien. Mais l'élection de 1988 marqua un échec cuisant pour la droite, aucun de ses leaders ne faisant le poids face à l'habileté de Mitterrand. C'est la capacité de Chirac à retourner sa veste qui a finalement retardé les choses. Au mileu des années 90, Chirac a très bien senti qu'il n'accèderait au pouvoir que par une posture "modérée", que certains ont qualifié de "radical social". Les 12 années de sa présidence furent donc marquées par une valse hésitation entre une politique conservatrice dure et une politique radicale sociale de centre droit. Avec la disparition de ce dinosaure de la 4ème république, le champ était libre pour les libéraux.

Au delà des aspects politiques, la situation française a aussi ses spécificités historiques. Ainsi Thomas Piketty a montré qu'en France, l'évolution de la part des haut revenus dans le revenu global est restée essentiellement stable après l'ffrondrement qui a suivi la première moitié du siècle. Aux USA, on observe au contraire une évolution plus forte avec un effrondrement plutot à la veille de la seconde guerre mondiale et une remontée à partir des années 80. Thomas Piketty attribue cette différence à des différences de conjoncture économiue et sociale. Je pense que d'autres facteurs historiques sont aussi à l'oeuvre. En effet, les lieux de naissance des trois révolutions économiques majeures du siècle étaient situé aux Etats-Unis: Boston et le moteur à explosion, New York et le moteur électrique, la Californie et le microprocesseur. Or chaque révolution économique tend à créer une nouvelle classe dominante, à redistribuer les cartes et donc à créer de l'inégalité. Ensuite, il faut se rappeler que l'Europe fut considérablement plus ravagée par la première guerre mondiale que les Etats-Unis ce qui explique que chez eux, la classe des super-riches put profiter d'une grosse part du gateau jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale là où les rentiers européens furent laminés entre 1900 et 1918.

Mis à part le décalage temporel, ce qui s'est passé en France présente des analogies avec ce qu'on a observé en Allemagne, aux USA ou en Angleterre. Dans ce dernier cas, le thatchérisme est arrivé sur un terrain bien particulier qui se caractérisait par des difficultés économiques et sociales et un enlisement du modèle issu de l'après guerre (voir une synthèse historique). Basé sur le support théorique de l'l'école d'économie de Chicago, c'est donc sur le sentiment de frustration des sujets britaniques que le thatcherisme put s'installer.

De manière similaire, le reaganisme s'installa après la guerre du Vietnam, dans une période marquée par des difficultés économiques et un effacement de l'optimisme des années 60. Reagan marqua la fin du cycle inauguré par Roosvelt et prolongé par tous les présidents qui lui succédèrent dont le très emblématique Kennedy. De la même manière en France, le Sarkozysme s'imposa après une période marquée par des difficultés économiques et sociales et une succession de gouvernements qui, à de très rares exceptions (Rocard puis Jospin 97-99) laissèrent un sentiment d'impuissance à renverser la tendance.

Aucune de ces révolution n'aurait pu s'imposer avant les années 70-80. Après la seconde guerre mondiale, le temps était à la reconstruction (Europe) où à la reconversion d'une économie de guerre (USA) et tant que la génération des reconstructeurs était de ce monde, personne en dehors de quelques tours d'ivoire universitaires n'aurait pu imposer l'idée que le modèle social redistributeur de l'après guerre était ringard. Il fallut attendre que la génération d'enfants gatés des reconstructeurs pensent à autre chose qu'à leur libération sexuelle pour que le déchainement des frustrations se déploie. C'est dans ces frustrations et les aspirations au "toujours plus" qu'a pris naissance en profondeur le basculement de la société française qui a permi l'éléction de Sarkozy.

Superficellement on pourrait penser que je fais caisse de résonance aux thèses de Guy Sorman. En partie seulement car si, comme lui, j'inscris la rupture Sarkozienne dans la filiation des révolutions conservatrices réagano-thatcheriennes, j'ai une analyse différente de leurs causes profondes et des perspectives historiques dans lesquelle cela s'inscrit.

A suivre...

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17 décembre 2008

Changement de monde...

Pour répondre à Julien qui a mis un commentaire très intéressant dans mon blog, je suis surement beaucoup moins intelligent qu'on ne le dit mais l'avantage c'est que je le sais (-: . Du coup, je passe beaucoup de temps à essayer d'observer et de comprendre ce qui se passe. En ce moment d'ailleurs, je suis plutot dans l'observation que dans l'action quand je sors des klennex, du doliprane et des dossiers ANR bien sur.

Bon bref, je vais directement partir des questions que Julien pose:

J'aimerais savoir ce que tu penses de l'entrée de B. Monthubert dans le cabinet de Martine Aubry et de son départ de SLR. Inutile de feindre la surprise :)

Ca fait longtemps que je connais Bertrand donc effectivement cela n'est pas vraiment une surprise. Bertrand est un vieux militant du PS: il y milite au moins depuis ses années d'études. Mais biologiquement parlant, il est jeune (moins de 40 ans), dynamique, bon orateur et s'est beaucoup impliqué dans SLR qui regroupe nombre de membres de la commission recherche du PS. Il était donc prévisible qu'un PS désirant se donner une image rajeunie et connectée à la société civile fasse appel à lui.

Maintenant que va t'il en sortir ? Bertrand va surement rendre la commission recherche et enseignement supérieur moins atone qu'elle n'était. Je crois qu'elle sortira de son ronron des dernières années pour s'ouvrir un peu plus et renouveler son discours. Mais est-ce que cela sera suffisant ?

Peut être... mais peut être pas ou en tous cas pas facilement ni rapidement. Et je vois deux raisons sérieuses pour cela:

La première c'est qu'au niveau du PS, on n'a pas de vision. C'est le vide idéologique comme dans toute la gauche historique. C'est triste à dire mais il faut appeler un chat un chat surtout que ca fait quelques années que ce problème se pose. Et ça, c'est terriblement anxiogène. La tentation est alors forte de se raccrocher à des postures ou à une recherche de consensus recyclant de vieilles idées mais sans vraiment apporter un regard neuf. Ca évite d'avoir à contempler le gouffre. La commission recherche et enseignement supérieur du PS, même pilotée par quelqu'un de dynamque, va subir ce risque de plein fouet. Comme tout le PS d'ailleurs...

Le second c'est que le PS n'est pas tout. On parle beaucoup de la politique gouvernementale en matière d'enseignement supérieur et de recherche mais on oublie que si elle se met en oeuvre, c'est que le terrain y est quelque part favorable. Bien sur il y a la guéguerre entre mandarins néoconservateurs et vieux soixante huitards qu'on lit en filigranne dans le grand retour de balancier actuel. Mais à la base, nombre de personnes s'estiment brimées par des années de gestion "collectiviste" de la recherche et sont très contentes de voir bouger les lignes avant de réaliser, une fois que la bouffée d'oxygène s'est déplacé ailleurs, que d'autres problèmes ont remplacé ceux qui les faisaient tant pester.

Or ce sont là des tendances lourdes, ancrées dans les mentalités et il sera difficile de les faire changer. La sagesse populaire dit qu'il faut toucher le fond avant d'espérer remonter. Je crains qu'il n'en soit de même dans ce qu'on discute. Le PS comme tous les partis de la gauche historique va se heurter à la société française, ses frustractions et ses contradictions. Et il va falloir qu'il réalise qu'elle à changé et ne réagit plus comme avant. C'est la le noeud du problème d'ailleurs: on ne transforme que ce qu'on comprend et qu'on reconnait..

Deuxième chose: que penses tu de la réforme du décret de 84.

Ca c'est assez compliqué. Donc je répondrai dans un prochain post (ce week end) sinon je vais exploser mon record de longueur.

Enfin, le plus important : toi qui sais réfléchir et agir, que conseilles tu pour agir contre la politique de Sarkozy ?

Là aussi, je vais détailler dans un prochain post. Mais certains éléments de diagnostic sur l'enseignement supérieur et la recherche sont vrais de manière plus générale. Si le sarkozysme a trouvé un boulevard devant lui c'est d'abord et avant tout parce que les conditions étaient réunies pour qu'il en soit ainsi. Ce n'est pas qu'un problème d'appareils politiques, de candidats pour la présidentielle. C'est bien plus profond. C'est un changement de monde qui à entrainé cela. Et c'est donc plus difficile à contrecarrer.

Mais pas impossible. Et ca c'est pour un prochain post.

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14 décembre 2008

Le silence du bloggeur

Lecteurs assidus de ce blog, vous aurez surement remarqué que je suis resté silencieux pendant près de 12 jours...

C'est un malheureux concours de circonstances qui fit que je me suis retrouvé perdu dans les neiges au sein de la charmante station familiale d'Aussois durant une bonne partie de la semaine dernière. Bien que le centre Paul Langevin fut équipé d'un réseau Wifi et d'une connextion ADSL, celle ci n'a visiblement pas été prévue pour résister à la connexion simultanée de dizaines de physiciens en mal d'overdose informationnelle. A cet encombrement des voies qui mènent au cyber-espace s'ajoutant un encombrement de mes voies naturelles qui se traduisit par maintes quintes de toux et expectorations et surtout par une quasi-extinction de voix.

Dans ces circonstances particulièrement éprouvantes, je n'ai donc pas pu compléter ce blog. Mais bon, j'ai quand même mis quelques posts qui étaient en stock dans mon ordinateur.

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Opinions divergentes...

Mon cousin faisait autre chose...
Sa femme n'a pas aimé du tout.
Mon colocataire a adoooooré!
Et moi je n'en ai pas vu assez pour avoir une opinion.

Et vous ? Que pensez vous de Clara Sheller saison 2 ?

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07 décembre 2008

Ex fan des forties, voici tes années folles... (2)

Depuis le 1er octobre 2007, les agents des ANPE et des ASSEDICS sont tenus de transmettre à la préfecture les copies des titres de séjour des étrangers qui s'inscriraient pour une recherche d'emploi ou une indémnisation en vertu d'un décret du 11 mai 2007.

Par le même décret, tout employeur doit adresser au préfet du département du lieu d'embauche ou, à Paris, au préfet de police une lettre datée, signée et recommandée avec demande d'avis de réception ou un courrier électronique, comportant la transmission d'une copie du document produit par l'étranger.

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