27 janvier 2009
L'art est long...
... mais le temps est court.
Je vais être un peu occupé les trois prochains jours... Prochains posts plutot ce week end...
D'ici là, n'hésitez pas à mettre des commentaires! Ca m'inspirera pour les prochains posts...
Ubu au labo...
Dans mon labo, nous avions une grande salle commune qui servait de salle de travail, de salle pour des exposés, de salle de réunion. Depuis longtemps, j'avais plaidé pour qu'on stucture cette vaste surface (80 mètres carrés à vue de nez) en installant un coin salon avec canapés et table basse dans une partie et un coin plutot réunion dans l'autre.
Hélas, le conseil de laboratoire, dans sa sagesse infinie, décida de couper la salle en deux avec une cloison amovible afin de pallier à la pénurie de salles de réunion dans notre établissement. Pourquoi pas ?
Ces dernières semaines, des ouvrier s'affairairent intensivement dans cette salle. Je sentais que derrière ces portes closes, ces bruits de scie, de marteau et autres outil se cachait un mystère considérable. Le Grand Oeuvre était en train de s'accomplir et je me pris à réver d'une cloison amovible glissant sans bruit, de canapés et table basse, d'une salle toute neuve comme j'avais pu voir au Portugal...

La réalité brute allait se rappeler à moi: point de cloison amovible mais une cloison fixe qui excarberbe le sentiment de claustrophobie naturel dans une salle sans fenètres. Quant au mobilier, il n'a pas changé. Ah si, nos éléments de bibliothèque ont profité de l'occasion pour errer au milieu de la moitié la plus petite, attendant sans doute qu'une ame charitable ne les remette en place...
Mais lors de la galette des rois annuelle de notre équipe, on m'a fait remarquer la cerise sur le gateau. La preuve lumineuse du génie batisseur de notre administration, ce petit plus qui caractérise si bien l'intelligence collective à la française: le thermostat qui controle le climatiseur n'est pas situé dans la même partie de la salle que ses bouches d'aération. Thermostat dans une moitié chaude, air froid dans l'autre moitié: je vous laisse imaginer ce qui va se passer maintenant. C'est sans doute notre contribution au Grenelle de l'environnement ?
Ah oui, cher lecteur et néanmoins contribuable, c'est vos sous qui ont payé ça. Comme quoi, l'argent public n'est pas toujours bien dépensé.

24 janvier 2009
Is there a 13th model ?
D'après mon colocataire, oui... Et vous, qu'en pensez vous ?
22 janvier 2009
L'art de prendre les gens pour des cons...
Du grand art dans l'enfoncage de portes ouvertes, une performance populiste exceptionnelle, un modèle dans le débitage des lieux communs qu'on entend depuis 20 ans, un étalage de mépris inoui devant un parterre de gens qui, pour un certain nombre d'entre eux, essayent quand même de faire avancer le schmilblick...
Pour l'Oscar du Café du Commerce, j'ai nommé le discours de Sarko 22 janvier 2009l.
Sincèrement je plains toutes les personnes qui ont du supporter cela en live...
21 janvier 2009
Frak Earth!
It's OK... Everything is in place. We'll be reborn. Again...

Et comme tout le monde, j'ai été bluffé...
20 janvier 2009
Change has come to America
Et voila, Obama a pris ses fonctions.
Et pour une fois, je vais faire court: lisez son discours inaugural. C'est remarquablement bien écrit.
Starting today, we must pick ourselves up, dust ourselves off, and begin again the work of remaking America.
For everywhere we look, there is work to be done.
The state of our economy calls for action: bold and swift. And we will act not only to create new jobs but to lay a new foundation for growth.
We will build the roads and bridges, the electric grids and digital lines that feed our commerce and bind us together.
We will restore science to its rightful place and wield technology's wonders to raise health care's quality and lower its costs.
We will harness the sun and the winds and the soil to fuel our cars and run our factories. And we will transform our schools and colleges and universities to meet the demands of a new age.
All this we can do. All this we will do.
19 janvier 2009
French cuisine 101
In Hollywood, you have slasher movies. In France, we have "cooking TV shows". Enjoy....
18 janvier 2009
Trauma!
Ces derniers jours, grosses émotions: Lionel est a fait comme Michel Serrault dans "Le bonheur est dans le pré" sauf que c'était pas dans une assiette de rognons au resto mais en sortant de son salon de thé préféré. Et comme il est tombé sur la tête, direction les urgences d'où il est ressorti 5h30 plus tard avec un air de Touthenkhamon et des consignes de surveillance pour un trauma cranien léger.

Au dernières nouvelles, tout va bien. La photo date du lendemain... depuis il a repris des couleurs, il parle toujours autant et il ronchonne quand j'essaye d'ouvrir les briques de lait (-:
PS: Zut pas moyen de trouver la scène mythique sur Youtube. Bon si vous voulez rigoler un peu, y'a celle des broccolis à la Vittel...
16 janvier 2009
Au delà de la cathédrale et du bazar...
Dimanche dernier, un papier très intéressant dans le New York Times sur le fondateur d'Ubuntu.
Cela fait des années que dans le monde du Libre, des gens prophétisent qu'un jour les applications et systèmes libres supplanteront les produits propriétaires y compris dans le grand public. Mais jusqu'à présent, cela n'a pas été le cas. Avec Ubuntu et ses variantes, la situation pourrait bien changer un peu. Mon colocataire a une Kubuntu sur son PC et il en est très content. Je n'ai même pas besoin d'intervenir lors de mises à jour: tout fonctionne nickel. Un des lecteurs de ce blog a basculé de Windows à Ubuntu sans connaissance approfondie de Linux et, je crois, est très content.
Les secrets derrière ce succès sont assez simple: en premier lieu, tout à été fait pour simplifier la procédure d'installation ce qui permet à des néophytes de l'installer sans se prendre la tête. Ensuite, Ubuntu et ses dérivés ont adopté pour le principe One Application Per Task qui consiste à installer un ensemble d'applications pour les taches courantes qui soit à la fois cohérent avec le choix de l'interface graphique mais sans redondance. Par comparaison, une installation Debian comporte souvent plusieurs applications pour une même tache courante (traitement de texte, traitement d'image etc). Cela simplifie considérablement les choses pour l'utilisateur standard qui s'est habitué aux associations 1 tache = 1 application (traitement de texte = Word, messagerie instantanée = Messenger etc).
L'autre facteur de succès, c'est les moyens mis pour développer la distribution. Chose intéressante, c'est une société commerciale (Caninical Ltd) qui développe la distribution. Evidemment ce n'est pas là dessus qu'elle gagne de l'argent mais sur d'autres projets et sur du service. Elle recoit également de l'argent via des partenariats avec des sociétés commerciales qui s'appuisent sur ses projets, typiquement comme Dell qui vend des ordinateurs sous Ubuntu.
Les raisons de ces choix sont intéressantes. Il y a évidemment la volonté d'assurer l'efficacité de l'argent investi. Mais aussi l'idée que la mise au point d'une distribution Linux et le problème de la coopération inter-distribution sont deux choses séparées. D'où la différence entre l'approche Ubuntu qui sépare les deux en projets séparés et l'approche Debian qui vise à produire une distribution la plus "universelle" possible. Tout cela est en fait bien expliqué par le fondateur du projet lui même.
Mais finalement, au delà des aspects technologiques et de l'évolution qui est peut être en train de se jouer (l'érosion du monopole absolu de Microsoft dans le segment grand public), Ubuntu pose des questions intéressantes sur la mise en oeuvre pratique de l'économie solidaire, en particulier sur le problème du financement des individus qui s'y investissent à temps complet: avantages et inconvénients comparés du bénévolat et du salariat dans l'économie solidaire. Un débat sans doute très important pour l'avenir...
14 janvier 2009
L'hyperempire, l'explosion informationelle et l'extension du domaine de la lutte.
Les années 80 puis 90 virent le développement du commerce mondialisé: dans les années 80, ce furent les industries lourdes qui prirent de plein fouet la concurrence des pays en voie de développement. Ensuite, avec les accords sur la libéralisation du commerce et le développement du transport aérien, la révolution des technologies de l'information permit à de grosses entreprises de fonctionner en zéro stock, voire de mettre en place de nouveaux modèles liant directement commandes à la production comme chez Dell.
Cette même révolution des technologies de l'information a permi l'essor des technologies de surveillance en particulier en Angleterre au point que certains parlent d'une véritable société de surveillance. Dans le monde de l'entreprise, la même tendance existe au travers du management sur indicateurs basé sur le système d'information de l'entreprise: time sheets, indicateurs, reporting et autres ERP font désormais partie du quotidien des salariés des grandes entreprises...
Nombre de salariés se voient donc imposer des rythmes non choisis dans leur activité professionnelle et, par ricochet, dans leur vie quotidienne. Le principal effet de la révolution des technologies est la contraction du temps. Bien sur, il y a de rééls gains de productivité avec nombre de services qui permettent réélement de se libérer du temps (qui regrettera d'avoir à se déplacer pour commander un billet de train ou faire un virement bancaire). Mais il y a aussi les cotés négatifs: augmentation de la pression au travail, temps découpé, baisse de la capacité à prendre du recul dans son travail et dans sa vie...
Ainsi, alors que la révolution des technologies de l'information aboutit à diminuer considérablement le temps de traitement et d'accomplissement de certaines taches, le temps apparait comme la ressource rare par excellence.
L'explication de ce paradoxe nous est en fait connue depuis 1948. Cette année là, Claude Shannon qui travaillait chez IBM fondait la théorie de l'information et montrait qu'il ne faut pas confondre quantité de données et quantité d'information. Pour faire simple, il y a exponentiellement plus de données que d'information... La révolution des technologies de l'information nous permet de manipuler considérablement plus de données qu'auparavant. Elle ne nous a pas pour autant appris à en extraire exponentiellement plus vite la substantifique moelle.

En fait, si la capacité des processeurs a régulièrement doublé suivant les prédictions de Moore, il n'en est pas de même du ceveau humain. Ainsi la démocratisation de l'éducation secondaire puis supérieure ont certes considérablement augmenté le niveau de connaissance des générations qui se sont succédées depuis plus d'un demi siècle mais cela n'a pas suffit. La capacité de mise en perspective des connaissances, d'extraire l'information des monceaux de données qui sont maintenant disponibles n'a pas progressé à la même vitesse au point qu'on peut parler de tendance à la "déculturation" de notre société alors que le "niveau culturel" n'a peut être jamais été aussi élevé.
Cette élévation du niveau a également eu pour conséquence une montée de la compétition entre individus alors que la qualification des emplois n'a pas suivi l'élévation de niveau d'études. Il en découle une montée du sentiment de déclassement qui renforce encore la compétition entre individus. Je me souviens encore du silence embarassé durant le débat entre deux candidats à la présidentielle en 1995 devant cette réalité brutale: nous allions former 250000 diplomés de niveau Bac+4 pour moins de 100000 emplois. Depuis, le phénomène s'est pleinement déployé et à contituné à renforcer le désenchantement de la jeunesse.
Ces évolutions créent les conditions d'un changement de paradigme quant à la place de l'individu dans les sociétés. Du citoyen s'intégrant dans des collectifs (la ville, l'entreprise) et participant à leur construction, nous passons à une notion d'individu veillant à préserver sa valeur au milieu d'un vaste marché. C'est le régne de la compétition tous azimuths prophétisé par Houellebecq dans L'extension du domaine de la lutte.
C'est aussi le commencement d'un délitement de la démocratie. Sous la double pression de la raréfaction du temps choisi et de l'explosion informationelle, le citoyen se trouve de moins en moins à même d'appréhender la complexisté du monde qui l'entoure et se laisse gagner par le sentiment qu'il est de moins en moins capable d'influencer un quelconque destin collectif au delà des murs de sa maison. Gagnés par ce que Wurman appellait l'information anxiety, les individus se replieront alors sur soi, tendant au plus de préserver tant bien que mal leur "valeur" sur le marché du travail. Ainsi, "Chacun ne se sentira plus guère responsable que de sa sphère privée, à l'exclusion de toute relation altruiste, d'attachement ou de solidarité ; le monde ne sera plus alors" souligne Attali, qu'une "juxtaposition de solitudes et de masturbations".
Alors comment désamorcer ce cercle vicieux ? Comment vivre des révolutions comme celles des technologies de l'information sans basculer pour autant dans le règne de l'individualisme et dans l'hyperempire ?
Evidemment on peut adopter une posture de refus des évolutions technologiques comme Paul Virillo ou de refus total de toute forme de "marché" comme une partie de l'extrème gauche. Mais c'est se planquer derrière une ligne Maginot... Une des pistes intéressantes, c'est d'agir à nouveau sur le temps. C'est sa raréfaction qui crée les conditions du repli sur soi. La perte de la maitrise du temps crée les conditions d'un affaiblissement des états démocratiques et donc de basculement dans ce qu'Attali appelle l'hyperempire. Voila un des thèmes sur lesquels on aimerait entendre les partis progressistes s'exprimer.... L'autre c'est évidemment l'éducation car comme le dit Wurman, "the greatest crisis facing modern civilization is going to be how to transform information into structured knowledge". Mais c'est plutot pour d'autres posts...
Au lieu de cela, nous avons l'hyperprésident qui nous annonce qu'un monde nouveau sortira de la crise et que nous devons nous y préparer en travaillant plus.

Pour en savoir plus: un papier intéressant sur l'explosion informationelle.
















