After a year in Boston

Blog d'un chercheur français de retour en France après une année à Boston

07 juin 2009

Commentaires sur les élections européenes

Good news:

  • Le succès des écolos qui peut être reflète une prise de conscience et qui forcera à une réflexion dans l'ensemble du camp "progressiste".
  • L'effondrement de la secte LO... et le relativement faible score du NPA (très crédible pour raler mais pas du tout pour changer des choses).

Bad news:

  • Le taux d'abstention... la démocratie est bien malade et l'Europe bien loin des citoyens!
  • La chute du Modem qui semble indiquer une recristallisation du vote sur le vieux schéma d'une gauche divisée entre une gauche "socialiste" (et assimilés), une gauche "écolo".
  • Le fort score de l'UMP mais j'avoue: c'est une opinion personelle.

Conclusion:

Même si le total des voix progressistes est bien supérieur à celui de l'UMP, comment va s'opérer une synthèse en vue de 2012. La vieille gauche productiviste incarnée par les partis type PS/PC ne pourra pas gagner seule face à Sarko si il conserve ses fondamentaux et ignore la dimension écologique. Et d'un autre coté, les écolos seuls ne pourront pas incarner une alternative gouvernementale...

Le Modem pourrait servir de liant permettant l'émergence d'un accord progressiste autour d'une synthèse des thèmes environnementaux et sociaux avec la perspective d'un modèle de société alternatif à un modèle de marchandisation et compétition tous azimuts. Mais il ne sort pas de cette élection dans cette position... et les "vers" et le "PS" ne semblent pas prets à "muter" de manière fondamentale.

Du coup ce qui semble se dessiner c'est que cette perspective n'est pas encore apparue en pleine lumière. Bref, Sarko est peut être en train de gagner 2012...

Et vous, qu'en pensez vous ?

Posté par degiovanni à 20:54 - Politique - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

Personnellement j'ajouterais aux "bad news" les 6,5% du FN, à comparer aux 8,7% du Modem... (Selon les estimations à 20h)

Posté par b_z, 07 juin 2009 à 21:24

Et en plus 5% pour De Villiers... Grrr

Posté par b_z, 07 juin 2009 à 21:26

D'accord avec tout cela, juste un dernier point important que tu oublies, dans la perspective de 2012.

En 2012, l'élection sera une élection présidentielle, donc très personnalisée. En France, l'émergence d'un projet politique alternatif, et la constitution d'une alliance de gouvernement cohérente avec ce projet, sera nécessaire, mais ne suffira pas.

Il faudra une personnalité forte et crédible pour incarner ce projet au second tour de l'élection présidentielle, et apparaître comme une option crédible pour le poste présidentiel.
La seule personnalité sur l'échiquier politique français qui était dans cette position était Bayrou. Or, suite à cette élection, Bayrou est selon toute vraisemblance définitivement hors course. Il s'est lui-même suicidé, 1) pour n'avoir pas su faire émerger depuis 2 ans et porter se serait-ce qu'un embryon de projet alternatif, et : 2) pour avoir détruit lui-même son image personnelle au cours de ce débat mémorable.

Dès lors, même si un projet alternatif démocratique, écologiste et social émerge, il manquera vraisemblablement la personnalité pour l'incarner et la porter en 2012.

Cela pour conclure, encore plus fortement que toi, et c'était ma première pensée dès 20h01 : Nicolas Sarkozy vient ce soir, selon toute vraisemblance, de remporter l'élection présidentielle de 2012.

Paradoxe pour une élection trans-nationale, et battant tous les records d'abstention, d'avoir décidé de l'avenir politique de notre pays à moyen terme ? Au contraire, il faut le voir seulement comme une ironie du sort, car le principal enseignement du scrutin de ce soir, c'est que la démocratie est décidément profondément malade. Pas seulement en France, mais dans toute l'Europe.

Posté par benoitb, 07 juin 2009 à 22:31

Le risque est là en effet... mais trois ans c'est long, très long et rien n'est joué si longtemps à l'avance. Simplement pour le bloc progressiste PS/Verts/Modem, la marge de manoeuvre est très étroite. Jouer la division, c'est faire gagner Sarko.

Posté par P., 08 juin 2009 à 07:52

Ca fait bien un an que je me dis que Sarkozy sera réélu en 2012. Déjà parce que j'ai le sentiment que le pays est (durablement ?) à droite => aussi charismatique le leader de la gauche puisse être, il aura du mal à gagner (sans parler évidemment de quel leader ?). Si le but est de que l'actuel président ne soit pas réélu, il faudrait un duel droite / centre (Sarkozy / Bayrou). Mais pourquoi Bayrou serait-il au 2nd tour dans 3 ans alors qu'il n'y était pas il y a 2 ans ?

Une alliance ps/verts/modem qui serait basée sur le "tout sauf Sarko" a peu de chance de fonctionner : ça fait rêver qui ?

Sur l'abstention, indépendamment de l'intérêt limité qui suscite l'Europe, ne peut-on pas y voir une effet de la crise, qui fait que les plus touchés ne se sentent pas concernés par les questions "d'intérêt général", mais par leur situation personnelle (ce qui dans un sens favorise les valeurs de "droite") ? Un peu comme dans les associations de doctorants, il a toujours été très difficile de mobiliser les moins bien financés alors qu'ils auraient le plus bénéficié d'une action générale.

Posté par fvd, 08 juin 2009 à 19:24

Le pays serait durablement à droite : je ne crois pas du tout, et c'est démenti par les chiffres médiocres de la droite de gouvernement ce dimanche.

Quelques chiffres : les jeunes sont très peu aller voter (80% d'abstention chez les 18-31 ans !), ainsi que les milieux populaires et les classes moyennes.
L'électorat de Sarkozy, ce sont les personnes âgées, et les commerçants et artisans (cf l'analyse de Todd dans son dernier livre), or ces catégories d'âge et sociaux-professionnelles sont celles qui se sont le moins abstenu.

Et pourtant, le score de la droite de gouvernement est très loin des 50% : 34% (UMP+libertas+deboutlarépublique), et 40% si on inclut le FN. C'est très inquiétant pour eux.

Ma lecture est donc tout autre : une large majorité de Français attendent et espère une alternative (et, effectivement, une partie de plus en plus grande n'attend ni n'espère plus rien du tout...). Sauf que cette alternative n'a même pas encore commencé à émerger, et qu'elle n'est probablement pas prête d'émerger avant un moment.

Car le seul petit problème : l'opposition est ultra-fragmentée, et ses 3 composantes principales (PS, MoDem, EE) ont déjà de très gros problèmes de cohésion et de cohérence interne (à commencé par l'assemblage hétéroclite que constitue EE : comment va-t-il s'inscrire dans le temps ?...).

Alors si on ajoute après la nécessité de travailler ensemble pour élaborer un projet commun et les difficultés de fond que cela va représenter, puis celle de dégager un leader, le problème paraît à peu près insoluble d'ici à 2012 pour les composantes de l'opposition.

Le problème est là. Et c'est pour cela que Sarkozy a probablement déjà gagné l'élection de 2012, malgré qu'une part massive du pays soit contre lui.

Sinon, en complément, une des rares analyses où l'on trouve des choses intéressantes :
http://www.mediapart.fr/club/blog/francois-bonnet/080609/defaite-de-l-antisarkozysme-c-est-vite-dit

Posté par benoitb, 08 juin 2009 à 22:44

Perplex-attitude :)

Je pense que ces résultats ne reflètent en rien les votes pour 2012. L'abstention record le démontre: les français se foutent de l'Europe. Ils veulent qu'on leur parle de la "crise française".

Par contre, la question de la personnalité anti-Sarko demeure. Et là c'est un mystère trop inquiétant.

Personnellement je pencherai soit pour une alliance révolutionnaire Aubry-Delanohé ou, je l'espère davantage, DSK qui sera alors libéré du FMI. Mais une campagne ne se prépare pas en 3 mois... Le seul avantage étant que Sarko n'aura que peu d'occasions de le descendre via la presse d'ici là.

Posté par louis, 14 juin 2009 à 00:50

Désolé mais je crois que DSK, Aubry, même Delanoé sont grillés... c'est le syndrome Hillary que nous connaissons bien: ces personalités sont associées à une vieille manière de faire de la politique. Ils ne portent aucun espoir de renouveau et donc les gens ne voteront que mollement pour eux si ils arrivent au second tour. Ca ne suffira pas. Et s'il y a une alternative plus crédible, ils les éjecteront dès le premier tour voire aux primaires.

D'ailleurs le résultat de 2009 nous dit quelque chose. Vu le taux d'abstention, ce sont les gens les plus convaincus de l'utilité de la politique qui ont voté. Et eux ont boudé le PS... Les autres, ils ne font même pas le déplacement... alors pour 2012, je doute qu'ils s'enthousiasme pour un candidat qu'on voit sur les télés depuis 20 ans (Martine Aubry, c'est les années 80 quand même).

Posté par P., 20 juin 2009 à 09:40

Et aujourd'hui on sait :

good news le score désastreux (et bien cherché) du PS a fait que Sarkozy n'est pas allé cherché Allègre qui se retrouve un peu comme un con empêtré dans sa veste… "mais j'avoue: c'est une opinion personelle".

Posté par Olivs, 26 juin 2009 à 20:11

Désespoir

Tu as raison Pascal. Et ça me désespère. J'en suis à voir dans toute alternative une possibilité de sortie de crise présidentielle (quitte à avoir un autre partisan de l'UMP).

Franchement ça donne envie de devenir écolo et anti-français quand on voit que les gens ne pénalisent même pas le parti dominant pour son incompétence.

On retourne aux US?

Posté par louis, 02 juillet 2009 à 04:05

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