After a year in Boston

Blog d'un chercheur français de retour en France après une année à Boston

31 juillet 2009

Enfin!!!


vacances

Dernier jour de boulot. Je prends 15 jours de repos. Pour le blog, je vais ralentir un peu la cadence (de toutes façon, vous êtes visiblement en vadrouille)...

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25 juillet 2009

Arts ménagers limited edition

D'abord un gadget totalement inutile mais qui ne manquerait pas de faire sensation quand on propose des toasts à ses invités:




En vente pour 90 $ sur le site nbcstore.com... Attention: il n'y en aura que 2000 de fabriqués, chacun étant numéroté. Du frakking collector toaster en somme...

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23 juillet 2009

Le surf des qubits volants (II)

Ca y est, après une refonte assez importante, nous avons fini notre article sur la décohérence et la relaxation des paquets d'ondes cohérents dans les canaux de bord de l'effet Hall quantique. Il est maintenant accessible en ligne. Reste à voir ce qu'en diront les referees.
En gros, nous avons étudié un vieux problème qui est celui de la manière dont un électron injecté dans un métal perd de l'énergie du fait des interactions avec les autres électrons et le reste du monde. A priori c'est un problème vraiment très compliqué mais il existe une astuce qui permet de le traiter dans le cas d'un conducteur unidimensionnel. Et l'image que nous avons dégagée est particulièrement simple...
Ce qu'il faut comprendre, c'est que les électrons n'aiment pas être dans le même état. Du coup, dans un métal, ils remplissent les états disponibles en commençant par ceux d'énergies les plus basses. Ils forment donc une "mer" d'électrons dont la "surface" est formée par les états d'énergie la plus élevée et qui sont occupés à température nulle. Quand on monte la température, on crée des vagues qui se baladent dans tous les sens: la chaleur agite la mer... Quand on envoie une onde radio, on crée une vague à la même fréquence que l'onde.
Mais là, on rajoute un électron en plus... alors que se passe t'il ?
Eh bien c'est en fait assez simple:

  • Pour une énergie assez basse, l'électron va perdre son énergie dans la limite des places disponibles. Mais qu'est ce que ça veut dire ?
    Et celui que l'on rajoute a forcément une énergie supérieure et surtout ne pourra pas perdre trop d'énergie sous peine de se retrouver dans un niveau d'énergie déjà occupé par un autre électron... Donc forcément ça limite... Bref, s'il perd de l'énergie, l'électron disparait dans la petite vague qu'il a crée. Sinon il reste tel quel. Et dans les cas que nous avons considéré, il n'a que peu d'états disponibles pour perdre son énergie. Du coup, il est le plus souvent "bloqué" par la mer des autres électrons et tend à rester tel quel quand il rase la surface de la mer.
  • Pour une énergie assez élevée, l'électron surfe sur la mer constituée par les autres électrons... Celle ci se trouve agitée par le passage de l'électron supplémentaire et donc lui prend de l'énergie, mais pas assez pour amaner l'électron à avoir une énergie comparable à ses petits copains. En gros, l'électron supplémentaire reste au dessus de la vague qu'il a lui même créee: c'est le régime du surf électronique...
Notre approche permet de décrire ces deux régimes limite mais aussi de voir comment on passe de l'un à l'autre en augmentant l'énergie de l'électron supplémentaire. Et cela permet aussi de comprendre à quelles condition cette image est valable.
En fait, le premier régime se produit pratiquement tout le temps. Mais ce n'est pas le cas du second. Parfois, les interactions entre les électrons et le reste du monde sont foutues de telle sorte qu'elles tendent à vraiment faire perdre beaucoup d'énergie à l'électron. Et du coup, plus de surf party... Dans ce cas, l'électron supplémentaire finit toujours par couler dans la mer des autres électrons. Et il a donc un temps de vie fini, même à très haute énergie.
Et dans certaines situations, c'est ce qui se produit. Mais ca c'est une autre histoire... que je vous raconterai une autre fois.

surfsup

PS: A défaut d'un film d'électron en train de surfer, j'ai trouvé cette jolie image extraite de l'excellent film Les rois de la glisse.


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22 juillet 2009

It likes to move it, move it...




Etonnant non ?

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21 juillet 2009

L'apocalypse selon St. Blog

Lu sur un blog du Monde, à propos de la grippe A qui circule déjà:
"Le risque à court terme c’est la désorganisation du pays dans une population déjà durement touchée par le chômage et les difficultés financières. À moyen terme une sécurité sociale exsangue, des caisses vides et des entreprises (à part les labos : un milliard d’euros en commande) qui peinent à se remettre dans le bain. À plus long terme, un plan de rigueur et des années de mouise pour tout le monde."
Et après on dit que j'annonce l'apocalyse sur mon blog ?

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20 juillet 2009

Alerte virologique

Depuis quelques jours, impossible de trouver mon stagiaire de L3. Mercredi, la réponse est tombée: il est cloué au lit par une grippe. Et là, j'avoue, je n'ai pas pu resister. Je suis passé dans la salle commune mutilée par un mur de séparation et j'ai lancé aux autres stagiaires qui étaient là:
- "Je vous dérange pas ? Ca va ? Personne n'est malade ici ?"
Eux, d'un air interloqué:
- "Heuhhh non pourquoi ?"
- "Ben, C. a la grippe, c'est pour cela qu'il n'est pas là."
Et là, ca n'a pas loupé, il y en a un qui a demandé:
- "La grippe ? C'est la grippe A ?"
Je le savais: c'était courru d'avance. Et bien entendu, je suis retourner glousser dans le bureau des doctorants qui attendaient le récit de cet épisode à la chute si prévisible... Bon ceci dit, je compatis aux malheurs du stagiaire: une grippe en pleine chaleur, ca doit être infernal.

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19 juillet 2009

Les riches c'est les autres...

Il y a quelques jours, je suis tombé sur un post intéressant sur le blog Secret Défense qui donne les salaires typiques des militaires professionnels de l'armée française. Il est un peu compliqué de savoir ce que ca recouvre exactement mais il s'agit semble t'il de la moyenne des salaires nets augmentés de primes.

Ce qui est non moins intéressant, c'est la série de commentaires, impressionnante par sa longueur, qui a accompagné ce post. Le commentaire d'un "MCF en colère" et les réactions qu'il a suscité illustrent une fois de plus combien l'adate populaire Les riches, c'est les autres est ancré dans nos inconscients.

Certes mais le problème de l'adage en question c'est qu'il se heure à une "contrainte de réalité": on ne peut disposer que de la richesse que nous produisons collectivement. Laquelle étant ce qu'elle est, ca ne fait pas 4000 euros mensuels par personne...

Alors pourquoi tant de frustrations ? Un article dont je n'arrive pas à retrouver la référence montrait que dans les classes moyennes et supérieures que la frustration relative au revenu avait tendance à augmenter avec le niveau de vie. Un peu comme si chacun regardait toujours au dessus avec envie sans avoir une conscience claire de là où il se trouve.

Mais quand même: pourquoi cette tendance ? S'agit t'il d'un manque d'information sur les conditions de vie des "autres" citoyens ? de l'expression de la frustration des classes moyennes (thèse de Louis Chauvel) ? Où est-ce quelque chose de plus profond comme un sorte de névrose collective qui entrainerait une fuite collective dans la frustration individuelle et l'envie... Ou plus grave encore, une incapacité de l'homme à combattre ses frustrations par la raison ?

Sans doute un peu tout cela, avec des dosages qui dépendent des trajectoires et personalités de chacun...

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17 juillet 2009

Ice Age 3

- ""Bon alors, on élimine Scratch, t'es pas assez agile pour ça. Je te vois pas non plus en tigre à dents de sabre. Le Mammouth non plus bien qu'on pourrait éventuellement penser que... Alors qu'est ce qui reste ? Ah oui celui bouge autant que toi dans ton canapé!"

Ca m'apprendra à demander à mon coloc à quel personnage de l'Age de Glace je fais penser... hé hé hé.

l_age_de_glace_3 Bref ce coup ci, ils nous on refait le coup du Monde perdu. Vous vous souvenez peut être de ce vieux film du siècle dernier inspiré d'un roman éponyme de Conan Doyle. J'avoue que ca reste un souvenir lointain de mes années d'enfance, sans doute une diffusion sur la Deux à l'époque où la télévision était encore en noir & blanc. Je ne sais même plus de quelle version il s'agit mais je me souviens d'avoir été éhabi par cette histoire de monde préhistorique perdu sur des plateaux inacessibles.

Ici l'action ne se passe pas sur un plateau mais dans un trou pendant une glaciation. Et c'est une ribambelle de mamifères en 3D qui se retrouve perdu parmis les dinosaures, avec toujours autant d'humour, avec toujours autant de clins d'oeuil et de références cinématographiques. Et de nouveaux personnages très attachants. Et puis surtout dans ce nouvel opus, Scratch a sa vraie histoire. Pas simplement avec la noisette mais une histoire à part entière, avec plein de rebondissements et de moments d'émotion.

Si vous avec envie d'en savoir plus, allez le voir! Vous ne vous ennuirez pas!


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Bien démarrer sa journée...

Tiens ce matin, au lieu de lire le journal - ou plutôt de parcourir des journaux - j'ai repris un bouquin. Aucun doute, ca change tout... C'est quand même une autre manière de démarrer la journée que de lire

"Qu'est ce qu'éduquer ? C'est proposer inlassablement des camélias sur mousse comme dérivatifs à la pulsion de l'espèce, parce qu'elle ne cesse jamais et menace continuellement le fragile équilibre de la survie."

que ce monument de littérature journalistique:

"TVA : les restaurateurs se sucrent avec une addition toujours salée."

Et enfin ce matin, il pleut, le ciel et gris sans être sinistre. L'air sera enfin moins moite. La journée commence bien.

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16 juillet 2009

Sermon sur la sobriété heureuse

Comme d'hab, les opinions exprimées dans cette rubrique ne sont pas les miennes. Les habitués de ce blog auront reconnu l'auteur de la présente contribution. Ceux qui ont regardé la vidéo de P. Viveret reconnaitront certains des thèmes abordés lors de la conférence.

Heureux lecteurs de mon ami P., laissez-moi vous livrer quelques réflexions sur la sobriété heureuse, concept cher au créateur de ce blog et à quelques autres grands de ce monde. Notons au passage cette idée se trouve déjà dans le blog de Diogène lorsqu'il narre sa rencontre avec Alexandre le Grand... Comme quoi il est difficile de faire neuf tous les jours. Mais comme P. a porté la question au sein d'une réunion du Modem, on peut s'attendre à ce qu'elle révolutionne notre vision du monde d'ici quelques siècles... Histoire de patience, en somme. Note: c'est me prêter de bien grands pouvoirs...

Donc, de quoi s'agit-il : essentiellement d'être heureux en étant sobre, de manger pour vivre et non vivre pour manger, et d'ailleurs le propriétaire de ce blog s'engage à donner 10 centimes par parabole bien troussée sur le sujet. Note: les promesses n'engagent que ceux qui y croient...

D'ailleurs, à y regarder de plus près, ce concept me paraît d'une grande pertinence, pertinence qui m'avait échappé de prime abord, et je me vais vous le montrer. On peut en effet sans risque de se tromper affirmer que la plus grande partie de la population est d'ores et déjà sobre : point d'eau courante, d'électricité ou autre luxe qui nous détourne de notre véritable état de nature, état dans lequel, comme chacun le sait, l'homme est bon et ne saurait donc se retourner contre son créateur, pardon, contre la Nature, sa mère nourricière, en portant atteinte àˆ l'Environnement. Il ne reste donc plus qu'à apprendre à ces masses laborieuses, exemples vivants de nos futures sociétés écologiquement correctes, qu'elles sont bel et bien heureuses.

Avouez que la perspective est alléchante : il suffit d'appeler "développement durable" ce que nos irresponsables aînés gauchisants appelaient "sous-développement" et le tour est joué. Notons au passage que ce n'est qu'une toute petite distorsion de la réalité : rien n'est aussi durable que la pauvreté. Un péché véniel, en somme, que nous rachèterons en votant écologie aux prochaines élections.

Evidemment, le point délicat consiste à faire prendre conscience à ces brebis égarées de l'étendue de leur bonheur ; la faim rend leur esprit imperméable aux idées nouvelles, les charmes de la "sobriété heureuse" leur sont encore étrangers. Mais, après tout, nous leur avons envoyé les jésuites pour les initier au mystère de la sainte trinité, puis les commissaires du peuple pour les convaincre que le marxisme est l'horizon indépassable de la pensée. Un mien parent ayant subi les enseignements des bons pères de la compagnie de Jésus puis des commissaires du peuple (dans cet ordre), je peux vous garantir que leurs méthodes pédagogiques sont d'une efficacité redoutable, et supérieures en tous cas à celles usitées dans nos bonnes écoles laïques et républicaines. Quelques cohortes de commissaires à la Nature, composées de jeunes gens soigneusement choisis parmi notre intellegentsia, devraient faire l'affaire. Et, tels saint Dominique, ils iront prêcher la bonne parole...

Pour finir, et en attendant l'apocalypse (voir sur ce blog), j'offre une bière au premier qui trouvera d'où est extraite cette sentence : nous avons tous assez de force pour supporter les maux d'autrui. Et j'invite mon ami P. à lui consacrer un post...


Note: si ça m'inspire peut être un jour... mais je ne suis pas fan de bière. Par contre je préfère le chocolat. Car comme dit la sagesse populaire: Aimez le chocolat à fond, sans complexe ni fausse honte, car rappelez-vous: "sans un grain de folie, il n’est point d’homme raisonnable".

Posté par degiovanni à 20:30 - Invited posts - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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