21 novembre 2009
Ca y est: il tourne!
Paris, the city of loooove...
19 novembre 2009
The future is unexpected (2)
Suite de ma série de posts inspirée par le texte de Krugman de 1996:
"Eventually, of course, the eroding payoff to higher education created a crisis in the education industry itself. Why should a student put herself through four years of college and several years of postgraduate work in order to acquire academic credentials with hardly any monetary value? These days jobs that require only six or twelve months of vocational training -- paranursing, carpentry, household maintenance (a profession that has taken over much of the housework that used to be done by unpaid spouses), and so on -- pay nearly as much as one can expect to earn with a master's degree, and more than one can expect to earn with a Ph.D..."
Bon, jusque là rien de très nouveau: j'ai déjà entendu cela en travaillant sur les formations doctorales. La question de la valeur des diplômes est déjà présente à tous les niveaux, depuis le doctorat (cf le débat docteur vs ingénieur) jusqu'aux formations de niveau L (cf les discussions sur la désaffection des formations supérieures). En France le débat est encore renforcé par la dévalorisation des métiers manuels et la survalorisation de la formation initiale...
Là où Krugman devient plus intéressant c'est dans la prospective:
"And so enrollment in colleges and universities has dropped almost two-thirds since its turn-of-the-century peak. Many institutions of higher education could not survive this harsher environment. The famous universities mostly did manage to cope, but only by changing their character and reverting to an older role. Today a place like Harvard is, as it was in the 19th century, more of a social institution than a scholarly one -- a place for the children of the wealthy to refine their social graces and make friends with others of the same class."
Effectivement, si la société de la connaissance aboutit à une dévalorisation d'une large classe de métiers de "col blancs", je pense qu'il y aura un impact sévère sur les choix de formations dans les familles. On le voit déjà en France sous une forme biaisée au travers du tropisme pour les filières sélectives censée permettre une meilleure perspective professionnelle que les autres filières. Cependant, je ne crois pas comme Krugman à un krach du secteur d'enseignement supérieur. En tous cas pas dans l'immédiat...
Toute choses égales par ailleurs, l'évolution des attentes des publics étudiants par rapport aux formation supérieure sera progressive comme on l'a vu depuis 25 ans. Cela ne veut pas dire qu'elles n'entraineront pas des évolutions importantes: ainsi depuis mon bac (1983) j'ai vu se développer nombre de formations professionalisantes à l'université, y compris en L3 ce qui fait que le premier cycle général n'est mécaniquement plus un passage obligé. J'imagine que la montée en puissance des IUT a été un boulversement analogue entre l'université des années 60 et celle des années 80. Bref sous l'effet de telles mutations, le paysage du supérieur change mais le concept d'une société où une fraction non négligeable de gens font des études supérieures n'est pas forcément remis en cause ou pas de manière brutale (sur une décénie par exemple).
Ce qui risque vraiment de transformer le secteur, c'est la fin de l'énergie pas chère. La vraie mutation du 20ème siècle en France - et dans nombre de pays développés - c'est la disparition de la main d'oeuvre affectée à la production agricole et manufacturière du fait du développement de la mécanisation, conséquence directe de l'utilisation du pétrole. Un exemple cité par J.M. Jancovici illustre ce point:
"La production d'une tonne de viande de boeuf (avec os) engendre l'émission de 3 à 4 tonne équivalent carbone, soit autant que pour 6 à 8 tonnes d'acier ! Il n'est pas exagéré de dire qu'aujourd'hui nous mangeons du pétrole, car il faut une agriculture intensive pour produire toutes les plantes qui nourriront le bétail, et cette agriculture intensive requiert de la mécanisation et des engrais de synthèse, toutes choses qui n'existeraient pas en pareille quantité sans pétrole."
Dans un monde où l'énergie sera rare et donc chère, il est prévisible que ce mouvement de tertiarisation s'inverse. Cela se fera progressivement si l'adaptation se fait de manière soft ou bien brutalement si on se prend une crise majeure sur la tête faute d'avoir su anticiper les mutations à venir.
Si on se place dans une perspective optimiste, quel avenir pour l'enseignement supérieur dans un monde énergétiquement sobre mais néanmoins en paix ?
Krugman a raison de rappeler qu'un certain nombre d'établissement retrouveront une fonction principalement sociale, au grand dam de Bourdieu et Passeron... Mais au delà de ça, je crois qu'il y aura encore une place pour des études supérieures pour deux raisons:
- Mettre en oeuvre les techniques énergétiquement sobre demandera un certain niveau technique et scientifique (au sens large) sachant que par rapport aux siècles passés, certes energétiquement sobres mais assez peu confortables, le but sera de concilier sobriété et confort...
- La sobriété n'est pas une qualité innée chez l'Homme. C'est même tout l'inverse. Pour paraphraser Edgar Morin, je dirais que l'éducation est probablement le meilleur instrument pour dompter les démons d'homo sapiens demens.
Par contre je n'ai pas dit que ces études supérieures auront la même "forme" ni le même contenu que celles que nous pratiquons actuellement. Probablement pas et c'est un débat à part entière...Mais une chose est sure: les universitaires n'ont pas fini d'être tourmentés par la dualité de leurs missions, entre préparation à l'insertion professionnelle et préparation à la complexité du Monde.
A suivre...
17 novembre 2009
La crise financière est t'elle terminée ? (3/3)
Alors la crise financière est t'elle un mauvais souvenir ? la reprise de l'économie prochaine ? Les banques centrales peuvent t'elles arrêter leurs opérations de rachat de titres et revenir à une politique "orthodoxe" ? C'est la question qui est sur toutes les lèvres en ce moment.
Quant on y regarde de plus près, les risques sont toujours là. L'économie n'est toujours pas rétablie... elle est même encore largement convalescente:
- le taux de chomage aux USA est voisin voire supérieur à 10 %, un record pour un pays habitué à un marché de l'emploi dynamique et fluide.

- les ménages américains ont été rincés par la fonte de leurs actifs immobiliers et boursiers. Ils vont donc se remettre à épargner massivement ne serait-ce que pour compenser la fonte de leurs 401k (plans retraites par capitalisation). Il faut dire que le choc fut sévère comme le montre cet article du Wall Street Journal concernant l'impact de la crise boursière sur la situation des retraites aux USA.
Du coup, la reprise de la consommation sera molle, très molle...
- les prix de l'immobilier restent trop élevés (et pas que aux USA!)
- enfin les tendances inflationnistes sur les matières premières réapparaissent dès que l'économie montre des signes de redémarrage. C'est une tendance structurelle car ces tendances sont renforcées par le développement des classes moyennes dans les pays émergents (en particulier Chine et Inde) et des effets de bulle dont il faudra que je parle...
Mais surtout, un gros danger vient du risque d'une perte de confiance internationale dans l'économie US. La chute du $ US par rapport à l'Euro, les discussions autour d'une monnaie internationale panier se substituant au $ sont des signes que les pays émergents ou détenteurs de matière première qui génèrent des liquidités se posent des questions. On observe en plus une chute des achats de bons du trésor américain, signe que l'économie américaine n'apparait plus comme le débouché naturel des $ chinois ou des pétro-$:

Là réside le danger majeur à court terme: une rechute économique liée à la perte de confiance dans le $ US et à l'atonie de l'économie rééle. Ca entrainerait une nouvelle crise financière par un krach obligataire partant des USA. Et deux crises financières lourdes en si peu de temps nous propulserait en "terra incognita" du point de vue économique et géostratégique.
C'est dans ce contexte que la Fed a annoncé le 4 novembre qu'elle pratiquerait des taux quasi nuls pendant encore au moins six mois en précisant que:
"Economic activity has continued to pick up. But policy makers quickly cautioned consumer spending would be sluggish, businesses were still cutting back and economic growth would be “weak for a time.”"
Pour y voir plus clair, il faudra donc surveiller comment les banques centrales américaines, européennes et anglaises envisagent la fin de leurs opération de "quantitative easing" ainsi que l'évolution des comportements sur le marché des titres obligataires émis par ces mêmes banques centrales...
Mais bon, ça c'est à court terme... la vraie question c'est d'une part de savoir ce qui se passera à un peu plus long terme et d'autre part de voir quelles sont les questions de fond que la crise récente a posé...
A suivre...
14 novembre 2009
Bilan carbone Paris Lyon
La semaine prochaine, je monte à Paris pour travailler. La SNCF vient de m'apprendre que mon aller-retour en TGV représente une émission de 29 kgs de CO2 soit environ une dizaine de kgs de carbone.
Même à plus de 100 € la tonne de carbone, ca n'est pas la ruine. En voiture ça ferait 180 kgs de CO2...
11 novembre 2009
Teasing...
The future is bright! Huh is it ?

Le fascisme à visage ordinaire...

«Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d’un certain respect à l’égard de nos institutions»
Eric Raoult à propos de Marie NDiaye, prix Goncourt 2009.
Sachant que l'académie Goncourt ne dépend en rien de l'Etat tant dans son financement que dans son attribution, vous imaginez l'attente de ce genre de personnage par rapport à ceux qui seront "distingués" par la puissance publique.
Au fait, vous voulez toujours des primes ?
PS: Certains s'arrêteront peut être à la définition courante du mot fascisme qui fait référence au totalitarisme italien des années 30-40. J'y vois plutôt une notion plus large et non moins inquiétante, discutée notament par Pascal Quignard dans son livre "Le Sexe et l'Effroi"... Les régimes passent mais le fascisme et l'obséquiosité traversent les siècles. Hélas...
09 novembre 2009
Le décret 2009-885 m'a tuer... (1/2)
Décret n° 2009-885 du 21 juillet 2009 relatif aux modalités d’accueildes étudiants de l’enseignement supérieur en stage dans les administrations et établissements publics de l’Etat ne présentant pas un caractère industriel et commercial.
Ce décret prévoit que tout stage d'une durée de plus de deux mois dans un établissement public de l'état comme un labo de recherche doit être rémunéré. Pour un stage de 4 mois comme ceux des étudiants de Master, il nous en coutera donc près de 1600 euros par stagiaire. Or aucun budget n'existe pour financer cela! Rien, pas un centime d'euro. Dans notre labo, ca va représenter une dépense annuelle entre 16 et 25 k€ (10 à 15 stagiaires par an). Comme je travaille dans une Ecole Normale Supérieure, et qu'une partie des étudiants sont salariés, nous avons un échappatoire: ne prendre que des étudiants salariés en stage et envoyer les autres chercher ailleurs. C'est détestable mais si nous ne trouvons pas de solution, nous n'aurons pas le choix. Et pour les labos un peu moins riche et qui ne disposent pas de cet échapattoire, ils sont invités à crever la bouche ouverte. A suivre...
Un week end ordinaire
Bon, vous allez penser que je passe ma vie dans les restos... En fait ce n'est pas vrai. Mais je reconnais que j'y vais traditionellement le samedi midi avec mon coloc.
Samedi, je suis donc allé à La Cuisine. C'est un petit resto qui est ouvert depuis quelques temps en bas des pentes de la Croix-Rousse. Le cadre est très chaleureux, vraiment agréable. Et la cuisine est à vraiment super. En clair, la Cuisine, c'est un excellent rapport qualité prix avec une cuisine inventive, légère et une équipe jeune et super sympa. Comme entrée j'ai pris une salade aux rables de lapin et écrevisse qui s'est avérée excellente. J'ai ensuite continué par un poisson assez proche du rouget mais dont j'ai - mea culpa - oublié le nom... Puis café (photo ci contre).
Pour le reste, routine habituelle: courses sur le plateau et en ville, coups de téléphone familieux, rangements, repos... Il faut dire que la température a sévèrement chuté depuis deux jours ce qui ne me donne pas trop envie de sortir. Samedi après manger, j'ai donc fait un tour en ville le temps de trouver deux films que j'avais aimé...
Du coup Samedi soir, j'ai revu "2010 odyssée deux", le film tiré du roman de A.C. Clarke qui raconte la suite de "2001 odyssée de l'espace". Je l'avais revu une fois en DVD chez des amis mais cette fois, je l'ai trouvé en Blu Ray à pas cher. Et ca change tout... Evidemment, maintenant on saurait faire 100 fois mieux. Mais pour l'époque, c'était vraiment pas mal avec des images utilisant les prises de vues de Jupiter et ses satellites par les sondes Voyager (toute ma jeunesse!). Avec le Blu Ray, j'ai retrouvé l'impression que j'avais eu en le voyant au cinéma lors de sa sortie en 1984...

Les scènes d'approche des deux vaisseaux sont particulièrement impressionnantes, en particulier celle où les deux astronautes partent aborder le vaisseau de 2001 au dessus de Io... En fait, toute la première partie du film est vraiment réussie mais la seconde souffre à la fois des limitations techniques de l'époque ainsi que du poids du contexte politique de l'époque (la guerre froide). Tout le film tourne autour de la possibilité d'existence de la vie sur Europe, un des satellites de Jupiter...
Mais bon, je n'ai pas le temps d'en dire plus ici: Dimanche s'achève déjà, le we est passé très vite.
08 novembre 2009
Le bon sens de l'autre coté de l'Atlantique...
En ce jour où une nouvelle étape de la réforme de santé aux USA vient d'être franchie, je vous recommande la lecture de l'article suivant sur notre propre système dans le blog "Prescriptions" du NY Times. Mais le plus drole, c'est quand même ce commentaire d'un lecteur:
"Of course they are happy in France. With all that wonderful food and wine who wouldn’t be? Maybe if the USA started eating like the French we would be healthier and not requiring so much healthcare."
Ca c'est ce que j'appelle un éclair de lucidité!
















