La grande nouveauté de cette campagne, c'est que François Fillon a décidé de jouer l'avenir du parti conservateur (Les Républicains) comme une course automobile: ca passe ou ca casse.

Sauf que là, c'est quasiment sur que ça va casser... Le dossier est indéfendable et sa défense est truffée de trous.

Il est même souhaitable que Fillon n'accède pas au second tour car l'écart des projections entre lui et Marine Le Pen est en train de se rétrécir dangereusement. Les sondages ont déjà montré qu'ils étaient peu fiables mais quitte à se fier à ce genre d'observation, on observe aussi que l'erreur va plutot dans le sens des mauvaises surprises.

Je suis prêt à parier qu'une fraction importante des électeurs de gauche ne se déplacera pas si c'est lui qui doit faire barrage à Le Pen ce qui rend un accident plus que probable. Et quand bien même il serait piteusement élu, je pense qu'il n'aurait probablement pas de majorité à l'assemblée. Une cohabitation d'entrée de jeu avec un président sans légitimité... Potentiellement presque aussi catastrophique que le scénario Le Pen.

Comment en est on arrivé là ? Je crois que l'analyse suivante résume assez bien ce qui s'est passé (surtout la fin de l'article en fait)...

Pénélope Fillon : l'honneur d'une femme, le pharisianisme d'un homme

Dans cette campagne présidentielle 2017 totalement imprévisible, où les analyses proposées il y a 15 jours semblent déjà de la préhistoire, où les incongruités, les surprises, les rejets s'accumulent, l'affaire Fillon est intéressante à étudier pour ce qu'elle nous dit du mode de fonctionnement de l'opinion publique aujourd'hui et des mœurs politico-financières d'hier et du fossé qui sépare ces deux mondes.

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