Etre ou ne pas être de gauche, est-ce vraiment là la question ?

Est-ce que vous allez déterminer votre choix en fonction d'une étiquette, d'une tradition familiale où en fonction d'une analyse des propositions des candidats, articulées avec vos convictions personnelles et vos valeurs?

Je pose la question brutalement car je constate au vu de nombreux partages, commentaires et avis sur les réseaux sociaux que, souvent, trop souvent en fait, se dire "de gauche" soit devenu une sorte d'argument d'autorité pour finalement ne pas trop se poser de questions... et accessoirement pour tomber comme la vérole sur la bas clergé sur un candidat qui se positionne hors des familles politiques auxquelles nous sommes habituées.

Mais qu'est ce qu'être de gauche au fond ?

Pour moi, ce n'est pas être encarté ni même sympatisant d'un parti traditionnellement étiqueté à gauche. Ce n'est pas non plus un attachement à des figures tutellaires qui, même si elles ont accompli de grandes choses en leur temps, ne sont pour la plupart plus là pour gérer les affaires. Ce n'est pas non plus un attachement à des postures ni à des thèmes spécifiques... Ce qui me parait plus intéressant dans la gauche, c'est le progressisme.

Le progressisme, c'est la conviction que l'on peut, par l'action politique, faire plus que gérer des rapports de force et subir les aléas de la nature humaine. Le progressisme, c'est une conviction que l'on peut faire de chacun d'entre nous à la fois un acteur de son propre destin individuel et d'un avenir collectif qui n'est pas un simple containement des apétits individuels. C'est une conviction qu'il est possible, par l'éducation, la culture et la science de faire mieux que par le passé, d'apprendre de nos erreurs et en somme d'inventer notre avenir collectif...

Ce n'est pas la seule vision politique possible. Je conçois que l'on puisse penser que l'Homme étant ce qu'il est, à savoir un loup pour l'Homme, on puisse penser que les traditions, l'ordre social et moral constituent un rempart indispensable contre cette part d'animalité qui est en nous. C'est une option parfaitement respectable et qui, durant longtemps, a même été l'unique option politique de notre pays jusqu'à une certaine année 1789 à partir duquel le conservatisme s'est adapté à une nouvelle donne politique plus ouverte.

Parce qu'ils s'opposent fondamentalement sur la manière d'avancer dans l'histoire, sur l'articulation entre vivre ensemble et émancipation individuelle, il y aura toujours des progressistes et des conservateurs qui s'opposeront. Peut être qu'un jour cette opposition disparaitra, ou plutot évoluera sous une forme radicalement différente (entre humains non-connectés et humains connectés ?). Mais, à mon avis, ce n'est pas pour le prochain quinquennat...

Les partis qu'on dit de gauche ont contribué à de grandes avancées progressistes, y compris récemment. Mais ils n'ont ont pas eu le monopole. En son temps, Giscard et De Gaulle ont fait aussi leur part. Et surtout, dans un paysage politique en plein bouleversement, c'est peut être à l'aune de concepts comme le progressisme ou le conservatisme qu'il faut regarder les propositions des uns et des autres et non pas en fonction d'étiquettes liées à des partis en plein chamboulement.

Et sur ce plan, à l'aune de cette opposition conservatisme / progressisme, où en êtes vous de votre reflexion ? Quel est selon vous le candidat ou la candidate qui a le plus de chances de porter un mouvement progressiste, pas uniquement dans le discours et les incantations mais dans les faits, dans la réalité avec tout ce qu'elle comporte de rugosités et d'adversités ? 

Je vous renvoie la question car demain, c'est celle là qui nous sera posée. Nous devrons choisir celui où celle qui portera le mieux les valeurs fondamentales auxquelles chacun d'entre nous adhère. Et là, si vous êtes de gauche, j'ai un peu de mal à croire que, vous revendiquant du progressisme, vous fassiez plus confiance à des étiquettes qu'à votre propre capacité d'analyse... Rappelez vous que si l'étiquette et les préjugés avaient dominé aux Etats-Unis en 2008, jamais les démocractes n'auraient désigné un candidat clivant et jamais Obama n'aurait été elu président.

En tous cas, pour en revenir à notre élection, si vous éliminez de votre réflexion un candidat uniquement parce qu'il n'a pas les "marqueurs historiques de gauche" ou parce qu'il a travaillé comme banquier (chez Rotschild en plus, oulala c'est pire qu'une maladie honteuse!!!) alors que par ailleurs, ce candidat a explicitement mis en avant une volonté de débloquer la société française au bénéfice de ceux qui, par leur origine sociale ou familiale se voient aujourd'hui relégués sur les marches de la société, je vous le dit en toute franchise, c'est que vous faites plus confiance à une étiquette qu'à votre propre capacité d'analyse. Moi je crois à ce que je vois, et donc au niveau des propositions, à ce que je lis... Alors, arretez de faire les autruches, sortez vous les doigts et faites vous votre propre opinion...

Après, on pourra discuter pour voir lequel, entre les candidats progressiste, représente la meilleure chance pour notre pays... 

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