05 novembre 2009
Péché de gourmandise à La Ferme!
Dimanche dernier il faisait beau. Et comme les beaux jours s'éloignent, je me suis dit que ca serait une bonen idée de faire une balade à la campagne. Du coup on est partis à quatre direction Lentilly pour aller déjeuner à La Ferme, un petit resto en bordure de RN7.
Je n'y avais jamais été et je l'ai trouvé un peu à l'arrache mais qu'est ce que c'était bon! La cuisine y est remarquable, originale mais sans excentricités excessive, et tout est d'excellente qualité. J'ai pris une entrée d'inspiration japonaise (un maki de saumon fumé à plat) afin de soigner mon cholestérol mais le foie gras que d'autres ont pris était parait t'il excellent! En plat, j'ai dégusté un filé mignon de porc en rouelle, c'est à dire roulé avec une face à base de viande d'agneau, de poivrons et de légumes qui était somptueux... Un vrai délice! Enfin, tarte tatin à la poire en dessert, là aussi parfait! Et tout ça dans un menu à 25 euros!
Pour ceux que ça intéresse, vous pouvez aller voir les excellentes critiques qu'ils ont eu sur LyonResto. C'est une excellente adresse qui gagne vraiment à être connue. Et de là, c'est facile d'aller digérer devant une superbe vue de Lyon au Mont Cindre!
16 octobre 2009
Spéciale histoire de l'art pour b_z...
Mon cher b_z, pour ton anniversaire, j'ai décidé de te remonter le moral... J'avoue: je t'ai allègrement chambré suite à ta malheureuse confusion d'un demi siécle entre les deux monuments de la littérature du siécle d'or du roman français... ce n'était pas gentil. En fait, tu es un jeune de ton temps!
Non, je ne veux pas dire par là que tignasse blonde au vent et lunettes de soleil sur le pif, tu vas hériter d'un shaker à millards.
Mais en lisant ma cousine raconter l'éveil artistique de ses camarades de lycée, j'imaginais l'émerveillement de ces jeunes esprits devant la découverte du Beau transmis au travers des siècles, l'étincelle au fond leurs yeux devant la puissante sensualité de cette toile du Titien, cette oeuvre immortelle qui nous transporte au coeur de l'ile d'Andros où, par la grace de Bacchus, le vin coulait en ruisseau et où le corps lascivement allongé de cette femme au premier plan évoque en nous instantanément l'essence du Désir...

C'était à mourir de rire tout à l'heure. La prof vient vers X. et lui dit "Alors, t'en pense quoi de ce tableau ?" lui il répond "Ben ... on dirait une super partouze !!" et elle a finit avec "Oui X., Bacchanale ça veut dire partouse, très bonne analyse ".
Finalement, votre génération a inventé une nouvelle manière d'aborder la culture.
28 septembre 2009
Les chants de la Terre lointaine
Dans un précédent post, je vous ai parlé de la "science fiction naturaliste", le concept introduit par Ron Moore, le concepteur de Battlestar Galactica et décrit dans on manifeste. Le principe, c'est de recentrer un récit de SF sur les personnages, qui n'ont rien d'extraordinaires, et d'enlever le maximum d'éléments irréalistes qui ne sont pas indispensables à l'histoire. En clair, la SF naturaliste, c'est l'opposé de Star Treck ou de la Guerre des Etoiles.
Naivement on pourrait même penser que c'est l'opposé de toutes les oeuvres majeures de la SF et que Battlestar Galactica a vraiment été la première oeuvre de SF naturaliste. En fait c'est faux.
En 1984, A.C. Clarke, l'auteur de "2001, Odyssée de l'espace", a publié "Les chants de la terre lointaine" qui satisfait parfaitement aux critères énoncés par Ron Moore. L'histoire est simple, loin des épopées starwarsiennes: en 2500, découvrant que le soleil est condamné à exploser, les hommes prennent le chemin des étoiles. Sur une planète océane, un "vaisseau semeur" donne une deuxième chance à l'humanité... Mille ans plus tard, le système solaire est sur le point d'exploser, mais la découverte de la "poussée quantique" permet désormais de transporter un million de corps cryogénisés vers Sagan Deux. Faisant escale sur Thalassa, le Magellan et son équipage feront la connaissance des descendants de l'humanité... Le coeur de l'histoire, c'est la rencontre des derniers habitants de la Terre et de leurs descendants, rencontre éphémère car ils seront de nouveau séparés par 50 années lumières et 300 ans de voyage. L'équipage du Magellan, ce sont des personnages ordinaires placés devant deux situations extraordinaires: la fin de la Terre et leur rencontre avec les habitants de Thalassa.
Le roman est particulièrement intéressant car il aborde vraiment le problème du voyage interestellaire. Pas de saut hyperspatial: ici la vitesse de la lumière est la limite ultime et même en pratique, elle n'est pas approchable à cause des collisions sur la poussière interstellaire. En clair une application stricte du principe énoncé par Moore: "The speed of light is a law and there will be no moving violations". Les deux seules extrapolations technologiques du roman sont donc l'extraction d'énergie des fluctuations quantiques du vide - ce qui permet de construire un vaisseau pouvant accélérer indéfiniment à masse au repos constante - et l'hibernation. Et ce sont les ingrédients minimaux pour l'histoire...
Celle ci est complètement centrée sur les aspects inter-personnels: rencontres entre personnages avec en toile de fond le gouffre infranchissable qui les séparera à la fin. Et en écho au gouffre physique, le fossé entre deux civilisations au vécu totalement différent. Clarke insiste ainsi sur le contraste entre un groupe de survivants d'un cataclysme (l'équipage du Magellan) et les habitants d'une planète paradisiaque. Plusieurs questions sont abordées comme celle de savoir quels éléments de culture les Terriens peuvent/doivent t'il transmettre aux habitants de Thalassa dont la culture est conçue pour favoriser la stabilité de leur société ? Un arc inspiré des "Révoltés du Bounty" sert de charpente au livre et un autre tourne autour de la découverte d'une espèce marine intelligente mais cela n'est pas l'essentiel du roman qui tient surtout par l'effet d'immersion qu'il produit, conséquence directe de son réalisme. Comme le dit Moore:
"We will eschew the usual stories about parallel universes, time-travel, mind-control, evil twins, God-like powers and all the other cliches of the genre. Our show is first and foremost a drama. It is about people. Real people that the audience can identify with and become engaged in. It is not a show about hardware or bizarre alien cultures. It is a show about us. It is an allegory for our own
society, our own people and it should be immediately recognizable to any member of the audience. "
PS: Au passage, la NASA a abrité entre 1996 et 2002 un projet "Breakthrough Propulsion Physics" qui bosse sur les pistes pour une propulsion interstellaire (pour en savoir plus: les transparents du directeur du projet)...
27 septembre 2009
Giscard - Chapitre 3 - La rupture
C'est alors que la peine m'a submergé, une peine infinie, torrentielle, venue de l'enfance, débordant de toutes les larmes que je n'ai pas versées, de toutes les méchancetés que j'ai faites ou subies, une peine où il n'y avait trace ni d'espoir ni de vengeance, mais qui prenait la forme d'un découragement éternel, celui des choses qui s'enfuient et du monde qu'on ne verra plus.
25 septembre 2009
Giscard - Chapitre 2 - Le feu de cheminée
Quelques nuits de grâce, non loin de mon poêle à charbon en mon château familial d'Auvergne, comme une intuition métaphysique et politique faisant couler les mots de mon encre bleue sur les pages standards d'un bloc-notes ami.
24 septembre 2009
Giscard - Chapitre 1 - Séduction
Et là, immobile et sans faire le moindre bruit, comme il convient dans la forêt, je guette, j'attends le passage.
28 août 2009
Darwin, Internet et l'IA (3)
Alors où les évolutions issues de la révolution des technologies de l'information nous mèneront t'elles ?
La première réponse qui me vient à l'esprit, c'est surement pas où nous imaginions. Déjà, avec 10-15 ans de reculs, je vois la divergence entre ce que j'imaginais et ce qui se produit...
Comme Nicholas Carr, je suis finalement enclin à penser que cette révolution nous fera évoluer. Evidemment, pas tout le monde car une grande partie de l'humanité n'a pas encore accès à l'électricité et donc encore moins à l'Internet... et parmis le milliard d'internautes supposés, beaucoup ne l'utilisent qu'épisodiquement. Mais l'évolution de la petite minorité d'humains qui en fait un usage intensif sera intéressante à observer.
Ce qui est intéressant c'est que la civilisation de l'Internet va opérer une pression environnementale sur les individus, une pression portant non pas sur des caractéristiques physiques ou biologiques mais sur des caractéristiques comportementales. Ceux et celles qui s'intégreront le mieux dans les sociétés connectées seront celles et ceux qui s'adapteront le mieux à la nouvelle donne informationnelle créée par le Net.
C'est là qu'on voit Darwin pointer le bout de son nez, sauf que Darwin discutait de la sélection par des pressions environnementales portant sur des caractères biologiques ou physique. Mais depuis, on a fait du chemin...
Depuis 40 ans, en Sibérie, une équipe russe autour de Dmitri Belyaev mène des expériences très intéressantes sur les renards argentés de Sibérie. En gros, ils sélectionnent une population de renard sur des traits de caractères comportementaux (notamment une faible agressivité et une absence de peur de l'Homme). Le résultat surprenant, c'est qu'au fil des générations, les renards ainsi sélectionnés deviennent de plus en plus proches d'un animal domestique. Au delà du comportement, des différences physiques sont apparues au niveau des oreilles, de la queue et de la fourrure des renards, différences analogues à celles qui existent entre le chien et le loup.
Bref, je vous passe les détails, mais il semble que par la sélection sur critères comportementaux, l'équipe de Belyaev soit arrivée à domestiquer le renard argenté tout comme l'Homme a réussi à domestiquer le loup (ce qui a donné les chiens) il y a environ 15000 ans... Le point qui ressort de ces travaux, c'est qu'une sélection comportementale finit par entraîner une altération sinon du génome ou du moins de son expression.
Alors qu'en sera t'il si des générations d'humains baignent dans le flux d'informations issus du net. On peut évidemment être tenté de penser que cela nous influencera... mais surement pas par un mécanisme aussi simple que la domestication des renards argentés. Tout simplement parce que 40 génération humaines c'est au bas mot un millénaire et nul ne sait ce qu'il adviendra des civilisations actuelles sur une aussi longue échelle!
Par contre, à beaucoup plus court terme, comme je l'ai déjà écrit, notre rapport au savoir va se modifier. Nous commençons déjà à "fonctionner" différemment sur le plan intellectuel et je pense que cela va s'amplifier pour devenir permanent... Par le biais de l'interconnexion, une partie de l'humanité va baigner dans un bain culturel plus uniforme non seulement par son contenu mais aussi par son rapport à la connaissance. Je crois que là réside la vraie rupture historique.
Qu'en sortira t'il ? Difficile à dire... l'hyperempire pronostiqué par Attali avec l'aliénation de l'Humain aux forces du marché ? Peut être. Mais peut être pas sous la forme attendue car l'univers matériel va se rappeler à nous avec force. Sans compter le fait que l'explosion informationelle va mettre nos systèmes politiques à rude épreuve. Comme par le passé, la Nature et nos propres créations engendreront des pressions qui nous feront lentement mais surement changer au fil des décénies.
Quoi qu'il en soit, au moins, il n'y aura plus besoin de chercher très loin l'intelligence artificielle. J'aime assez ce qu'en dit Nicholas Carr:
"as we come to rely on computers to mediate our understanding of the world, it is our own intelligence that flattens into artificial intelligence".
Mais essayer de savoir à quoi elle ressemblera est aussi difficle que d'imaginer comment l'internaute de 2010 fonctionne pour le chevalier paysan de l'an 1000 au lac de Paladru.

Pour en savoir plus: un site web complet sur l'expérience de domestication par sélection génétique des renards argentés de Sibérie.
25 août 2009
Musique BSG
Je ne suis pas du tout musicien. Mais alors pas du tout... mon truc c'est plutot la photo ou bien raconter des histoires. Mais pour raconter une histoire au ciné ou à la télé, il faut de la musique. Et quand c'est réussi, la musique porte naturellement l'histoire, tellement naturellement que cela semble avoir toujours été.
Pourtant, c'est un vrai travail que de composer une musique qui accompagne bien une histoire. Pour un profane comme moi, je n'ai aucune idée du processus de composition musicale. Alors pour une fois, quand un créateur d'une musique nous raconte comment il a fait, c'est quelque chose à ne pas laisser passer.
Voici donc comment le compositeur de Battlestar Galactica, Bear MacCreary, a mis en musique le tout dernier épisode de la série.
22 août 2009
LHC strikes back...
Allez un petit interméde musical pour le Kamarade tchich qui ne connait pas Les Horribles Cernettes:
Pour mémoire, les horribles cernettes sont le premier groupe musical a avoir eu un site Web grace à Tim Berners Lee qui était juste à coté (ça aide). Il parait même que la première image rendue disponible sur le Web était précisément leur photo.
Darwin, Internet et l'IA (2)
En matière de science, on peut essayer d'analyser plus précisément ce que l'intelligence collective permet et ce qu'elle ne permet pas... Je ne prétends pas avoir une réponse complète à cette question mais quelques éléments issus de mon expérience directe.
Pour moi, la chose la plus positive sortant de la mise en réseau est la possibilité de mettre en place des collaborations et donc de rapprocher des expertises complémentaires. Avant les évolutions technologiques récentes, c'était nettement plus compliqué bien que pas impossible.
En revanche, il y a des choses que ne permet pas forcément l'intelligence collective.
En général, elle lisse les dissensus et tend à étouffer les intuitions qui ne sont pas mainstream. Cela peut se faire de manière subtile: ainsi la croissance du nombre de publications en physique à incité l'American Physical Society qui édite les Physical Reviews à créer des sélections d'articles. Il y a eu des sélections thématiques comme les virtual journals. Puis plus récemment, une sélection d'articles susceptibles d'intéresser les physiciens par delà les branches des sous disciplines (Physics: spotlighting exceptional research).
Or que sont ces outils sinon de formidables amplificateurs de tendances et de modes ?
Soyons clairs, je ne dis pas qu'ils sont inutiles, ni mal foutus. Au contraire, je les apprécie bien dans mon travail... Mais lucidement, il faut bien voir que devant la masse d'articles qui sortent, une communauté fortement connectée tend à fabriquer du consensus et du mainstream. Or, comme le dit très justement Tom Roud sur son blog:
"Les vrais papiers dangereux pour la science sont les papiers faux acceptés voire encensés par la communauté, parce qu’ils confirment leurs préjugés. Leurs défauts sont donc invisibles à l’intelligence collective, et seuls des efforts individuels, une vraie contre-recherche, de vrais contre-papiers, peuvent faire avancer les choses."
A cela j'ajouterais volontier que les indices qui pourraient éventuellement indiquer que nos préjugés doivent être remis en question risquent fort d'être noyés dans le flot et exclu du mainstream généré par l'intelligence collective. Toujours ce bon vieux Shanon qui nous attend au coin du Net!
A suivre...
















