11 novembre 2009
Teasing...
The future is bright! Huh is it ?

07 novembre 2009
De la crise aux bulles ?
Pour compléter mon précédent post, un bref article de Paul Krugman dans le NY Times où il explique aussi pourquoi la FED va maintenir sa politique de taux zéro un certain temps et pourquoi ca risque de ne pas suffire.
D'un autre coté, beaucoup de gens (ici par exemple) s'inquiètent de voir de nouvelles bulles prendre naissance à cause des liquidités mises en circulation au niveau des banques, qu'il s'agisse du résultat de la politique d'injection des banques centrales ou des profits que les banques engrangent de nouveau. Le rebond des marchés action depuis le début d'année montre que quelque chose se passe qui n'est pas correllé à la situation économique rééle.
Alors où tout cela va t'il nous mener ? Vers une crise en W ? Une hausse des taux ? Un décrochage du $ US ? Une reprise molle ? Une reprise avortant vers une déflation et une depression économique ?
Stay tuned! Suite la semaine prochaine...
La crise financière est t'elle vraiment terminée ? (2/3)
Les autres outils pour combattre la récession, c'est le "quantitative easing" dont je vais vous parler maintenant. L'idée du "quantitative easing" consiste à revaloriser les actifs (en particuliers obligataires) en les rachetant. Et c'est la banque centrale qui s'en charge.
Les actifs cessant de se déprécier, on espère alors que les banques voyant leur bilans moins dégradés - vu qu'elles évacuent leurs acitfs toxiques - ne fermeront pas le robinet du crédit... Deux points à souligner cependant:
- cela revient à créer de l'argent à partir de rien: en pratique la banque centrale va racheter les bons qu'elle a elle même émise pour en maintenir le cours!
- cela fait grimper le prix des obligations et donc chuter leur rendement (c'est ce mécanisme qui permet de faciliter le crédit en entrainant une baisse des taux pratiqués par les établissements bancaires).
L'espoir c'est que les banques se remettent alors à fabriquer du crédit à pas cher ce qui stimule la consommation. De plus la création de masse monétaire stimule une inflation censée pousser à la consommation. En clair le "Quantitative Easing" c'est de la création de monnaie sans la planche à billet!
Mais le quantitative easing comporte des risques:
- si on n'y va pas assez fort, c'est comme pisser dans un violon. Le crédit reste cher et l'économie s'enfonce dans la spirale déflationiste. C'est un peu ce qui est arrivé aux japonais pendant plus de 10 ans...
- la banque centrale doit "payer" la création de masse monétaire soit par l'augmentation des taxes soit par le retour de l'inflation... Elle prend aussi le risque de perdre beaucoup d'argent si les actifs qu'elle a racheté se déprécient.
- C'est une relance artificielle qui peut à un moment donné saper la confiance des investisseurs dans l'économie qui pratique cela. Et si ces derniers retirent leurs billes, il s'en suit une dévaluation de la monaie ce qui alimente encore l'inflation. Au pire, on a un scénario à l'Argentine voire une hyperinflation: c'est le risque si on y va trop fort...
Qui pratique ?
- le Japon: historiquement, ce sont les premiers à avoir pratiqué cette politique pour surmonter la crise déflationiste qui a suivi l'explosion de la bulle de 1989. Et elle a pratiqué pendant longtemps... Vous trouverez sur Wikipedia toute l'histoire de la naissance du "quantitative easing", notamment son "invention"par Richard Werner...
- la FED: suite à la crise de 2007-2009, elle a racheté non seulement ses propres bons mais aussi tout un tas d'actifs toxiques. Ainsi, elle a racheté pour 1000 milliards de $ de titres à 30 ans appuyés sur des emprunts (mortgage-backed securities MBS) émis par Fannie Mae et Freddie Mac, les deux grand organismes de refinancement de l'immobilier américain. Les avoirs financiers détenus en MBS par la FED ont même dépassé ceux en bons du trésor! La fin du programme de rachat de MBS est prévue en mars 2010 (1250 millards de $ en MBS rachetés)

A noter que la grande question, c'est de savoir ce qui va se passer quand la Fed va sortir de cette politique ? Enfin si elle en sort...
- la BCE: suite à la crise de 2008, la BCE s'y est aussi collée. Elle s'est ainsi mise à accepter des produits structurés, c'est à dire à racheter des actifs un peu bancals. Au point que la International Financial Law Review qualifie en octobre 2008 la BCE de décharge pour actifs pourris... Par contre là j'ai pas trouvé d'analyse détaillée de l'ampleur des opérations de la BCE. Visiblement ils n'aiment pas trop en parler à Francfort. J'ai juste trouver le papier suivant mais vraiment, je suis loin d'avoir tout compris... Apparemment, le quantitative easing de la BCE diffère subtilement de celui pratiqué par la Fed ou par la banque centrale anglaise. Si quelqu'un veut bien éclairer ma lanterne, je suis preneur.
Pour en savoir plus: la FAQ "Quantitative Easing" de la BBC (très pédagogique)
Mais bon, est ce que cette "recette non conventionelle" va marcher ? L'économie est t'elle en bonne position pour repartir ?
Vous en saurez plus dans le prochain épisode...
04 novembre 2009
Teasing...
"La baisse des taux d'intérêt n'est pas forcément le meilleur moyen de combattre la récession"
Jean Claude Trichet

02 novembre 2009
La crise financière est t'elle vraiment finie ? (1/3)
Le job d'une banque centrale c'est de fixer les taux directeurs, c'est à dire le loyer plancher de l'argent. Les taux régulent le prix de l'argent et donc règlent l'équilibre entre la cigale (qui a tendance à emprunter et à consommer) et la fourmi (qui a tendance à épargner).
Quand on baisse les taux, on facilite l'emprunt. Ca met donc plus de liquidités en circulation ce qui peut favoriser l'investissement et la consommation. Mais le risque d'une baisse des taux, ce sont les bulles car, c'est bien connu, la bulle est le débouché naturel des liquidités... Et les bulles finissent toujours par éclater: krach de 1987, bulle Japonaise en 1989, la crise asiatique de 1997 et enfin la bulle immobilière américaine récemment.
L'éclatement de la bulle entraine alors une dévalorisation des actifs: des ronds "s'évaporent" (en pratique une partie disparait et le reste est redistribué des investisseurs "naifs" vers les "avisés"). Plein de gens perdant des ronds - qu'ils n'ont souvent jamais eu - l'impact d'un éclatement de bulle c'est au minimum "panique à bord" et ca peut aller jusqu'à un assèchement du crédit par manque de liquidités au niveau des banques ("crise de liquidités" qui entraine une pénurie du crédit).
Le remède c'est alors dans un premier temps d'injecter des liquidités pour parer au plus pressé et de baisser les taux d'intérêts pour relancer la machine. C'est ce que le Japon n'a pas fait lors de l'explosion de la bulle immobilière en 1989 et les japonais, qui étaient partis pour être les "créanciers du monde" ont glissé dans une atonie économique liée à une dépreciation des actifs: c'est la déflation. Et là, c'est pas bon du tout...
Après l'explosion de la bulle Internet en 2000, Alan Greenspan a donc choisi la voie opposée: il fallait réagir vite en baissant les taux ce qui a eu pour effet de relancer la consommation aux USA. Beaucoup de gens se sont éxtasiés devant les "performances" de l'économie américaine durant ces années mais en réalité, le miracle Greenspan s'est construit sur une bulle de crédit sans relance des salaires. En effet, les américains ont principalement acheté des biens pas chers fabriqués en Chine à grand coup de cartes de crédits, ou bien ont souscrit des prêts pour acheter des logements. Leur taux d'épargne s'est effrondré en quelques années passant de plus de 10 % à un taux négatif (voir graphe ci dessous où on voit même leur changement de comportement tout récent). D'où l'énorme bulle qui nous a explosé à la tronche il y a deux ans.

Dans le cas présent, l'explosion fut d'une telle ampleur qu'il a fallu baisser considérablement les taux pour éviter un scénario noir (la spirale déflationniste et une vraie grosse dépression économique). Sur le graphe ci dessous on voit nettement la baisse des taux de la FED post bulle Internet et 11 septembre, puis la remontée des années 2004-2008 censée freiner l'inflation immobilière et enfin la chute depuis fin 2007 pour essayer de contrer la crise actuelle.

En pratique, tous les grands blocs économique ont réagi pareillement: ils ont du baisser les taux jusqu'à presque zéro:

Et là apparait un problème... car l'efficacité du remède "taux bas" est en fait d'autant plus faible que le taux est bas...
En effet, plus on s'approche d'un taux nul moins le baisser à de l'effet car les banques peuvent estimer que préter de l'argent c'est toujours prendre un risque et du coup elles facturent ce risque dans le taux qu'elles pratiquent. Or c'est ce taux qui compte pour les entreprises et les particuliers! On observe alors un écart entre le taux fixé par la banque centrale et le loyer de l'argent qui reflète la prime de risque fixée par les banques. L'argent restant cher, si la machine économique ralentit, il devient encore plus difficile de la relancer et la récession risque alors de se transformer en dépression.
Du coup, pour sortir de là il faut utiliser d'autres outils...
A suivre...
31 octobre 2009
Teasing...

La crise est finie... vive la crise ?
17 avril 2009
Les bonnes questions...
Hier une chronique d'abonné remarquable publiée dans Le Monde: Et si nous avions été trop gourmands ?
19 mars 2009
Bientôt les émeutes ?
En quelques semaines, nous venons d'apprendre:
- l'abaissement à venir de la TVA dans la restauration de 19.6 % à 5.5 % ce qui reviendra à priver l'Etat d'une recette fiscale de 2-3 milliards d'euros en ordre de grandeur, prélevée sur la consommation de gens aisés via un des rares secteurs d'activité qui n'est absolument pas délocalisable.
- le niet présidentiel à la remise en cause du paquet fiscal qui, comme je l'ai déjà écrit dans ce blog, est moralement inadmissible.
- le versement annoncé de 100 millions d'euros à la société financière de Tapie suite à la décision du tribunal arbitral mis en place pour solder le litige Tapie/Crédit Lyonnais.
- une augmentation record du chomage en janvier (+90000 chomeurs)
- 550 suppressions d'emploi chez Total malgrés 14 milliards d'Euros de bénéfices: c'est peut être une goutte d'eau compré aux chiffres précédents mais le symbole est là.
Pas besoin d'un doctorat en sciences politiques pour prédire que si le gouvernement continue dans la même attitude, la température va sacrément grimper au printemps...
Reste à savoir si notre hyper-président aura la clairvoyance de faire machine arrière. Mon cousin de Perpignan pense que sa personalité paranoiaque narcissique l'en empèchera, qu'on ira au clash, avec dissolution de l'assemblée à la clé et qu'une fois battu, il partira rempli de haine et sans avoir compris ses erreurs. Et vous, qu'en pensez vous ?
13 mars 2009
Doomsday clock ?
“We have lent a huge amount of money to the United States. Of course we are concerned about the safety of our assets. To be honest, I am a little bit worried. I request the US to maintain its good credit, to honour its promises and to guarantee the safety of China’s assets.”
J'ai comme l'intuition que ca va chier Lundi à Wall Street.
04 mars 2009
AIG: l'amorce de la crise des CDS ?
Hier dans Le Monde, un article pédagogique qui explique pourquoi le gouvernement américain n'a pas d'autre choix que de sauver l'assureur AIG.
La raison est simple: AIG a joué les protecteurs et était très très exposé sur le marché des Credit Default Swaps dont j'ai parlé dans un récent post. AIG a détenu pour 450 milliards de $ de CDS. Or si les crédits associés venaient à faire défaut, il doit passer à la caisse. Le problème c'est que AIG n'a pas provisionné le risque correspondant: il n'est tout simplement pas solvable.
Le gouvernement US n'a pas de choix: il doit payer pour AIG. Ou alors il doit prendre le risque de laisser une masse énorme de CDS s'effondrer, ce qui entrainera d'autres défauts de crédit, donc d'autres activations de CDS, d'autres défauts de paiement... Et par effet domino, cela pourrait catalyser une nouvelle crise financière majeure.
L'Amérique n'a donc pas le choix: pour sauver le monde, elle doit sauver AIG.
















