After a year in Boston

Blog d'un chercheur français de retour en France après une année à Boston

31 mai 2009

Le bistrot des filles qui rament un peu...

Ce midi, je suis allé manger au Bistrot des Filles avec mon coloc. Vu que c'est un long WE, autant en profiter pour découvrir de nouvelles tables et celle ci avait plutôt de bonnes critiques...

Pour ce qui est de la cuisine, c'est mérité: c'est vraiment très bon, sans toutefois atteindre le niveau du Balthazart. Mais dans la catégorie "bouchon" c'est original et bon.

Par contre, pour le service aie aie aie... Arrivée à 12h45, repartis à 14h30! Ca ne suivait pas. Pourtant la salle n'était pas tout à fait pleine. Peut être avaient t'ils prévu qu'(ils feraient moins de couvert en ce week end de Pentecote mais bon... et puis voir les serveuses tirer la tête au fur et à mesure que le temps passe, ca ne fait jamais plaisir.

Bref, si vous testez en semaine le soir, je suis curieux de savoir comment ca s'est passé pour vous...

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30 mai 2009

Mort mystérieuse à la Croix-Rousse

Que s'est-il passé jeudi soir au numéro 14 de la montée Saint-Sébastien dans le premier arrondissement de Lyon ?

C'est par cette phrase sybilline que commence l'article du Progrès de Lyon qui relate le mystère qui vient d'envahir l'immeuble ou j'habite. Jeudi, vers 22h30, la police a trouvé un des occupants de l'immeuble mort dans son appartement.

Pas de traces d'effraction, pas de traces de violences. Rien... Sauf que la police est passée parce qu'on l'aurait prévenu de menaces adressées à la victime. Alors crime ou mort naturelle ? On n'en sait pas plus... le mystère reste entier.

Toujours est t'il que je n'ai rien vu, rien entendu. J'ai en fait découvert l'affaire en lisant le journal dans mon salon de thé habituel en début d'après midi.

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29 mai 2009

Fatigué...


fatigue

La semaine fut longue...

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27 mai 2009

Quel avenir pour les énergies renouvelables ?

Suite à mon post sur les changements introduits par Obama pour les automobiles aux USA, Cédric à posé une question très pertinente à laquelle je vais tenter de répondre:

Pourquoi n'ose-t-il pas aller plus loin dans la démarche en favorisant plus encore la recherche sur les énergies 'propres' plutôt que de se contenter de travailler sur les énergies fossiles alors que tous les scientifiques s'accordent à dire que ces ressources vont aller en s'amenuisant drastiquement dans les décennies à venir ?

C'est effectivement ce qu'il faut faire.

Mais en pratique, ce n'est pas si simple. Il existe peu d'énergies véritablement renouvelables: le solaire (thermique et photovoltaique), l'éolien, l'énergie des marées, l'hydroélectrique et la biomasse si elle est convenablement gérée.

Le problème, c'est que ces énergies ont des spécificités:

  • L'éolien et le solaire et dans une certaine mesure l'hydroélectrique sont sujets à des variations selon les conditions météorologiques. C'est leur principal problème: l'adéquation entre la production et la consommation.
  • Nombre de ces sources produisent de l'énergie électrique. Cela ne pose pas de problèmes lorsqu'elle est consommée dans l'instant mais il est difficile de stocker de l'énergie électrique (je détaille plus bas).
  • Les installations à base de renouvelables ont une emprise au sol ou paysagère importante lorsqu'on veut produire de grosses puissances. Ainsi une éolienne de 2 MW mesure pratiquement 100 mètres de haut. Même en améliorant le concept, cela restera un vrai problème. De même, il faut se rappeler que pour produire 1 kW de puissance électrique en crète avec des panaux solaires, il faut de l'ordre de 10 à 20 mètres carrés de paneaux... un chiffre peu susceptible de s'améliorer compte tenu des contraintes physiques sur les cellules photovoltaiques. Ainsi les paneaux courants ont un rendement de 10 % et, même si des progrès sont prévisibles, il y a des limites au rendement.

Mais bon, dans ces trois points, seuls les deux premiers sont un véritable problème...

Pour contourner la difficulté, il faudrait pouvoir stocker l'énergie. Et c'est là que le bat blesse... Pour stocker de l'électricité, on connait plusieurs moyens dont trois principaux:

  • Monter de l'eau en hauteur: c'est ce qui se fait dans nombre de centrales hydroélectriques d'EDF qui fonctionnent en mode reversible. Mais pour stocker la production d'une éolienne d'un MW tournant à plein régime sur une heure, il faut monter un peu plus de 3600 mêtres cubes d'eau sur 100 mètres ce qui représente un joli volume!
  • Utiliser une batterie chimique: pratique mais lourd, très lourd. En fait, au mieux, on arrive avec des batteries Lithium/Ion (celles qui équipent les téléphones portables et qui font rouler les voitures Tesla) à 200 Wh/kg soit 50 fois moins qu'un hydrocarbure!
  • Electrolyser de l'eau pour fabriquer de l'hydrogène: un grand espoir mais l'hydrogène a le mauvais gout d'être gazeux dans les conditions de température et de pression ordinaire et inflammable. Pour le stocker sous forme liquide, il faut le refroidir et ce n'est vraiment pas pratique et cela coute en énergie. On peut aussi le comprimer mais un réservoir sous haute pression pose des problèmes de sécurité et cela coute aussi de l'énergie de comprimer le gaz.

Par comparaison, les hydrocarbures, qui ne sont rien d'autre que de l'énergie solaire stockée, sont incroyablement pratiques. Ainsi, un litre d'essence contient 10 kWh d'énergie facilement transportable et utilisable à la demande, sans contrainte autre qu'une bonne ventilation

renouvelables Comme le montre Jean-Marc Jancovivi dans la page suivante, les hydrocarbures constituent problablement le stockage le plus performant d'énergie dont on dispose. Seul le bois, utilisé pendant des milliers d'années par l'humanité, possède des propriétés comparables! Mais son utilisation libère des gaz à effet de serre. A ce niveau, la différence avec le pétrole ou le charbon réside dans le fait que bruler du bois rejette du CO2 que l'on peut espérer restocker assez rapidement par une gestion intelligente de la biomasse. Au contraire, en brulant du charbon, du pétrole ou du gaz, on rejette dans l'atmosphère du CO2 qui était stocké depuis des millions d'années. Au delà d'un certain point que nous avons déjà dépassé, on excède les capacités d'absorbtion de la biosphère.

A ma connaissance, au jour d'aujourd'hui, il n'y a eu aucune percée, même expérimentale, qui contourne ces limitations. Peut être que les nanotechnologies permettront la mise au point de batteries plus performantes, de nouvelles cellules solaires encore plus efficaces ou le stockage de l'hydrogène dans des conditions plus pratiques mais cela n'est pas encore fait. Peut être que l'ingéniérie génétique permettra la mise au point de plantes à croissance rapide permettant d'absorber rapidement du CO2 pour fabriquer du bois mais cela prendra du temps et posera des problèmes de gestion des écosystèmes non triviaux.

Bref, on est loin du yakafaukon... En l'absence de solution miracle, la seule solution, ce sont des économies massives partout où c'est possible. En particulier au niveau du logement, de la consommation et du transport. Ce n'est qu'en faisant ces efforts que le développement des renouvelables donnera son plein potentiel.

Dit autrement, investir dans les renouvelables c'est aller bien au delà des aspects techniques. C'est toute notre manière de vivre qui devra faire l'objet d'investissements massifs comme j'essaye de l'expliquer dans mes carbon fictions.

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25 mai 2009

Casto, casto, castorama...

Me voila de retour après quelques jours passés loin d'Internet.

Pour l'Ascension, week end peinture dans la maison de vacances avec un plafond de véranda à reprendre. L'occasion de voir les progrès réalisés dans le domaine de peintures et engrais...

En 1995, ma mère et une de mes cousines s'étaient lancées dans la peinture à grand coups de Valentine, application facile. En pratique, le plafond avait littéralement siphoné la peinture, la rendant quasi impossible à étaler. Bref, une grosse galère dont subsista pendant 14 ans un plafond très tendance pour l'époque (-: ...

Après avoir rebouché les trous, on a utilisé un enduit de lissage sur lequel on était censés appliquer la peinture. Ben c'était déjà nickel! Et en plus ca s'étale très facilement... Aucune galère: en tout une douzaine d'heures de boulot entre le grattage, le rebouchage des trous, le poncage et l'application de la couche...

C'est beau le progrès non ?



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22 mai 2009

Le lièvre et la tortue selon Obama

Si ça marche, l'Amérique va nous étonner, bousculer Monsieur de La Fontaine et nos élites n'ont pas fini de faire des complexes.

Hier, le président Obama vient d'annoncer un plan visant à changer les normes de consommation des véhicules automobiles aux USA. Ca à l'air d'un sujet profondément ennuyeux comme la normalisation des bananes par l'Union Européenne mais en fait, c'est peut être un des éléments qui sera à l'origine du redécollage de l'économie américaine durant les prochaines années.

Pour le comprendre, il suffit de regarder le petit graphe suivant extrait de l'article du NY Times rendant compte de l'évènement:


conso

On y voit ce que n'importe qui ayant voyagé aux USA remarque immédiatement: leurs voitures consonnment beaucoup (9,7 litres / 100 km en moyenne si on convertit) et le plan d'Obama vise ni plus ni moins à ramener cela à 6,7 l pour 100 km. Vu l'écart à la situation actuelle, un tel mouvement risque d'entraîner un gigantesque renouvellement du parc automobile ce qui contribuera à relancer la machine économique. Au delà des convictions écologiques personnelles du président, c'est sans doute une des motivations profondes de ce plan.

Alors mission impossible ou pas ? Et bien probablement oui: en France, les consommations moyennes des véhicules ont baissé régulièrement durant toute la décénnie 90 et les voitures diésel récentes consomment de l'ordre de 6,7 l au 100 km, soit précisément l'objectif fixé par Obama! Il y a donc toutes les chances que le pari soit réalisable au moins techniquement et, à moins que les ménages américains ne fassent collectivement et massivement faillitte, que le mouvement de renouvellement s'enclanche.

Et tout ça est cohérent avec ce qu'il pousse au niveau des appareils électroménagers et autres biens de consommations: une évolution des normes pour plus d'efficacité. Bref, l'Amérique semble au moins au niveau de la Maison Blanche, se mettre en ordre de bataille pour rattraper son retard.

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21 mai 2009

La société de la connaissance (3): la croisée des chemins.

Dans un précédent post, j'avais raconté comment j'avais soulevé la question de l'impact de la crise environnementale et énergétique sur la "société de la connaissance" lors d'une réunion à Lyon.

Pour tout dire, ma question a comme qui dirait... jeté un froid. Je m'y attendais un peu mais, honnêtement, pas à ce point. Mais bon, c'est dans ma nature de poser des questions perturbantes. Chaque intervenant a donc tenté de répondre comme il le pouvait:

Ainsi, pour Pierre Caillet, les infrastructures de cette société permettront de gagner en productivité dans la manipulation de l'information ce qui permettra d'éviter ou d'atténuer les difficultés.

Personellement, je n'y crois pas trop: comme Jancovici, je commence à penser sérieusement que les contraintes physiques seront trop importantes pour qu'on passe à travers en faisant du buisness as usual. En fait, les infrastructures permettront de gagner en efficacité et en terme d'impact environnemental dans les processus de production mais, en l'absence de changement de mentalité collectif, le risque est important qu'un effet rebond ne ruine ces gains.

- Pour François Xavier Pénicaud, la question n'est pas facile. Elle renvoie à la déshumanisation de la connaissance et à la difficulté à gérer la complexité générée par notre société.

Certes... je suis bien d'accord mais ça ne réponds pas à la question mon cher FX (-: ...

- De son coté, Céline Bos a pris le problème par la "face nord" en assumant la société de la connaissance comme une utopie. En clair, si cette utopie tient ses promesses, on peut espérer que la société de la connaissance prendra en compte le caractère limité de la planète pour faire émerger de nouveaux paradigmes et aider l'Humanité à traverser la crise environnementale et climatique.

Même si elle peut paraître d'un optimisme exagéré, j'ai trouvé cette réponse profondément honnête et pertinente. Au moins c'est clair: elle replace le concept de société de la connaissance à sa juste place - une utopie - et elle souligne le point clé: la nécessité de faire émerger de nouveaux paradigmes pour que cette utopie ne se fracasse pas sur la dure réalité.

Mais c'est finalement Anne Marie Comparini qui aura levé le voile sur ce qui pourrait être un chemin vers une solution: En somme, c'est la frugalité heureuse".


croisee

PS: dessin trouvé sur ce blog.

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19 mai 2009

I have seen the future, and it won’t work.

C'est par ces mots tranchants que Paul Krugman débute son dernier édito dans le NY Times.

Son texte est conçis mais pose clairement ce qui constituera une des questions majeures du siècle à venir:

"As the United States and other advanced countries finally move to confront climate change, they will also be morally empowered to confront those nations that refuse to act. Sooner than most people think, countries that refuse to limit their greenhouse gas emissions will face sanctions, probably in the form of taxes on their exports. They will complain bitterly that this is protectionism, but so what? Globalization doesn’t do much good if the globe itself becomes unlivable.

It’s time to save the planet. And like it or not, China will have to do its part."

Mais comment faire pour éviter qu'ils ne se braquent ? et que faire si ça se produit ? Décidément nos enfants ne vont pas avoir une vie facile.

Et vous, qu'en pensez vous ?

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18 mai 2009

La société de la connaissance (2): idées glanées...

Pour revenir sur la réunion "Société de la connaissance" du Modem à Lyon dont j'ai parlé dans un précédent post, quelques points intéressants mentionnés par Anne-Marie Comparini:


  • Le risque que la montée en puissance de la société de la connaissance n'aboutisse à une forme de fracture sociale avec l'émergence d'une nouvelle classe d'exclus.
  • La remarque que tout ceci s'est déjà produit par le passé: dans l'Histoire, à plusieurs moments, des sociétés et des pays ont pris un avantage compétitif sur leurs compétiteurs au travers d'une ou plusieurs percée technologique, conceptuelle, intellectuelle...
  • L'importance de nouvelles pratiques de dialogue s'appuyant sur des outils techniques mais qui ne se résument pas à cela. Ainsi il y a un travail énorme à faire sur les conditions d'acceptabilité des progrès technologiques.
  • L'importance d'une discipline pour tenir sur le long terme les grandes lignes d'une stratégie. En clair, les stratégies de l'innovation sont peu compatibles avec des stratégies de court terme et avec les effets d'annonces.

Plusieurs des intervenants ont souligné le rôle entre l'éducation au sens large dans l'émergence d'une société plus créative. Au delà de l'institution scolaire, cela pose la question du contexte initial (enfance, éducation familiale) dans le processus de construction de l'individu. J'ai eu l'impression que chacun des intervenants sent qu'on n'est pas vraiment sur la bonne pente mais il n'est pas pour autant évident de dégager des solutions.

En fait, Anne-Marie Comparini a bien soulevé le paradoxe qui réside dans la différence de vitesse l'évolutions des mentalités et la vitesse de diffusion des connaissances: ainsi, l'adéquation entre l'humain et l'avancement des connaissances reste à construire. C'est probablement un des défis principaux dans l'émergence d'une société de la connaissance. Le problème de l'explosion informationnelle dont j'ai déjà parlé est d'ailleurs un aspect de ce problème plus vaste soulevé par A.-M. Comparini...

Quant à l'autre défi, c'est celui qui fait l'objet de la question que j'ai posée. Et dans un prochain post, je vous résumerai ce qu'en ont dit les intervenants.

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17 mai 2009

Change has come to America

Depuis que mon année à Boston, j'ai pris l'habitude de lire le New York Times. Et depuis cette époque, j'ai vu un changement se produire qui s'est accéléré depuis l'élection de Barrack Obama à la présidence. Alors bien sur, le NY Times n'est pas le reflet de l'Amérique Profonde, le "heartland" très conservateur qui vote Républicain sans frémir. Mais quand même, aux Etats-Unis, le changement se propage de la périphérie vers le centre... alors peut être que finalement, l'Amérique se prépare à un changement spéctaculaire.

Et ce qui m'a frappé, c'est la montée en puissance des thèmes environnementaux dans les pages du NY Times: il siffit de regarder la rubrique Earth du quotidien et en particulier la série d'articles consacrée à la crise énergétique.

Alors dans les prochains posts, je vais essayer de parler de ce changement qui est peut être en train de se produire là bas... et de ce que ça pose comme question sur nous mêmes.

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