Ce soir, l'aile gauche du PS exhulte avec la victoire de Benoit Hamon... Quelque part, porte de la Villette, des groupies aux cheveux gris rèvent de revivre les 80s à la mode Reagan aux couleurs de l'héxagone. Tout ce petit monde est à sa fête mais cela tient plus de la rave d'avant l'Apocalypse que du prémisses de lendemains qui chantent... 

Car  ce qui attend celui ou celle qui sera élu(e) en mai 2017 est une situation comme il ne s'en est pas produite dans le pays depuis les premiers jours de la guerre d'Algérie voire depuis la fin des années 30. Car le contexte géopolitique et économique est déjà tout traçé et ne laissera aucune, mais alors absolument aucune place aux rèves.

Durant les 15 à 20 prochaines années au moins, l'approvisionnement en énergie de l'Europe va continuer décliner. Entre zéro ou deux % par an si tout se passe bien mais cela pourrait être bien plus si la situation géopolitique venait à se tendre.

Moins d'énergie, c'est moins de capacités à faire tourner des machines, à transformer des matériaux, et donc à produire des biens, à construire ou à rénover des logements et c'est aussi moins de richesses produites sans avoir recours à l'endettement... L'économie continuera donc sur une trajectoire tertiarisée, en croissance molle voire en récession, avec une pression salariale forte sur les taches à faible valeur ajoutée. Cela continuera  produire les effets que nous expérimentons depuis une dizaine d'années: précarisation et paupérisation de la classe populaire et moyenne inférieure. 

Nous n'avons aucun moyen d'inverser la tendance à court terme, même en lançant un programme massif d'investissement dans le stockage, les renouvelables et les surrégérateurs tout simplement parce que les décisions auraient du être prises il y a 10 ans et que trop peu à été fait. Cela ne veut pas dire qu'il ne faille rien faire mais cela portera ses fruits largement après le quinquennat qui s'ouvre.

Dans de telles circonstances, il n'y aura donc pas beaucoup de marges.

Le prochain président se trouvera donc devant un choix clair:

  • Ou bien il promet des lendemains qui chantent, le retour de la croissance ou toute autre version du "on rase gratis", et toutes ces promesses se fracasseront dans la réalité d'un monde dont les ressources sont finies et déjà en déclin. Et cela ouvrira un boulevard à Marine Le Pen si elle n'a pas été élue en mai 2017... Et dans le cas où elle aurait été élue, nous aurions très probablement droit à une phase chaos historique voire à un état de prè guerre civile si les législatives ne l'ont pas neutralisée.
  • Ou bien il tient un langage de vérité et remise aux oubliettes les rèves de grand soir pour proposer un avenir dans lequel nous avons une chance d'accoucher d'un nouveau monde où les dangers qui nous guettent auront une chance d'être affrontés autrement que dans une débandade infame. Car le seul programme qui tienne la route c'est la décarbonisation rationnelle de notre économie. Pas en suivant les délires des khmers verts qui, comme les pastèques, sont nettement plus rouges que verts, mais en se basant une analyse réaliste des possibilités techniques et des couts économiques sachant que nous auront à faire cette mutation dans un contexte récessif, avec la nécessité absolue de maintenir la cohésion et la justice sociale sans avoir de miracle économique. Ca ne va pas être simple.

Comme le souligne très justement Jean-Marc Jancovici, le prochain président devra donc avoir la trempe de Churchill ou de Roosvelt, surement pas de Chamberlain. Alors si vous avez commencé à vous intéresser à cette campagne, et même si vous avez déjà une idée de pour qui vous allez votez. Demandez vous si votre candidat(e) favorit(e) à vraiment la capacité à affronter cette réalité sans penser d'abord à sauver ses potes, ses rèves ou ses fesses.

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